Al-Qaida recruterait à l'asile

Faustine Vincent - ©2008 20 minutes

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Al-Qaida en Irak recruterait-il ses kamikazes parmi les personnes psychologiquement affaiblies ? C'est ce que craint l'armée américaine. Selon elle, le réseau terroriste aurait recruté deux patientes traitées pour dépression et schizophrénie pour « mener les attaques barbares » du 1er février, une attaque-suicide sur un marché à Bagdad qui avait fait une centaine de victimes. Les deux femmes, identifiées après le carnage grâce à leur visage, ne se connaissaient apparemment pas.

« Nous nous inquiétons du fait qu'Al-Qaida ait pu accéder aux dossiers des hôpitaux psychiatriques », a souligné le contre-amiral Gregory Smith, porte-parole des troupes américaines à Bagdad. Pour les spécialistes en psychiatrie, si elle est avérée, l'utilisation d'individus perturbés pour en faire des bombes humaines serait une première. Dans la revue électronique du département d'Etat des Etats-Unis intitulée « Contrer la mentalité terroriste », publiée en 2007, Jerrold Post, directeur du programme de psychologie à l'université George-Washington, écrit qu'« en fait, les groupes et organisations terroristes se débarrassent des individus émotionnellement instables qui, après tout, représentent un risque sur le plan de la sécurité ».

De son côté, le gouvernement irakien a décidé de prendre les devants. Il a ordonné à la police de chasser les mendiants, sans-abri et handicapés mentaux des rues de Bagdad et d'autres villes. Ces derniers devraient être remis à la police, confiés à leur famille ou placés dans des institutions adéquates.