VIDEO. Un attentat à la bombe a fait plus de 20 morts à Mogadiscio

SOMALIE Il pourrait y avoir de très nombreuses victimes de cette explosion qui a frappé un quartier très fréquenté de la capitale somalienne…

Benjamin Chapon

— 

Attentat à la bombe le 14 octobre 2017 à Mogadisho en Somalie
Attentat à la bombe le 14 octobre 2017 à Mogadisho en Somalie — Farah Abdi Warsameh/AP/SIPA

Plus de 20 personnes ont été tuées samedi par un puissant attentat à la voiture piégée devant un hôtel d’un carrefour commercial fréquenté du centre de Mogadiscio, en Somalie, ont annoncé la police et les services de secours. « De premières informations provenant des services de secours font état de plus de 20 morts gisant sur le bord de la route, mais beaucoup d’autres se trouvent sous les décombres de maisons détruites par l’explosion », a déclaré un responsable de la police, Ibrahim Mohamed. « Tout le quartier ressemble à une scène de guerre », ajoute un témoin, Ahmed Bare.

L’attentat n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, mais les islamistes somaliens shebab liés à Al-Qaïda lancent fréquemment des attaques et attentats-suicides dans Mogadiscio et ses environs.

« Des dizaines de tués et de blessés »

« C’était affreux, la bombe a explosé sur une route très fréquentée et a tué beaucoup de personnes. J’ai vu plusieurs cadavres, mais je n’ai pu les compter, c’était horrible », a témoigné un habitant, Ismail Yusu. Même écho de la puissance dévastatrice de l’explosion de la part des services de secours. « C’est un événement horrible. L’équipe chargée de ramasser les corps ne connaît même pas le nombre de victimes tellement il y en avait. On n’a jamais vu autant de morts et de destruction, a déclaré Abdukadir Haji Aden, directeur du principal service ambulancier de Mogadiscio. Ils ont ramassé des dizaines de tués et de blessés, et ils continuent. »

L’explosion s’est produite devant le Safari Hôtel, un établissement populaire mais qui n’est d’ordinaire pas fréquenté par des responsables gouvernementaux. Habituellement, les shebab ciblent plutôt les hôtels dans lesquels résident les responsables officiels et ont juré la perte du fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 22.000 hommes de la force de l’Union africaine (Amisom).

Les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 et ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, souvent dans la capitale, et contre des bases militaires, somaliennes ou étrangères.

L’attentat de samedi a eu lieu un jour après l’annonce de la démission, sans explications, du ministre de la Défense et du chef de l’armée du gouvernement somalien.