Catalogne: Un porte-parole du Parti conservateur fait référence au sort d'un leader indépendantiste fusillé et fait polémique

TENSION Pablo Casado a averti que le président de la Catalogne pourrait «finir» comme un de ses prédécesseurs ayant proclamé un Etat catalan, arrêté en 1934 puis fusillé en 1940 sous Franco...

D. D.

— 

Des manifestants en faveur de l'indépendance de la Catalogne à Barcelone le 6 octobre 2017. (image d'illustration)
Des manifestants en faveur de l'indépendance de la Catalogne à Barcelone le 6 octobre 2017. (image d'illustration) — PINEDA DE MAR, ESPAGNE

« Espérons que rien ne sera déclaré demain, parce que la personne ayant fait cette déclaration pourrait finir comme celle ayant fait une déclaration identique, il y a 83 ans ».

Cette phrase, prononcée devant la presse ibérique par un porte-parole du Parti conservateur au pouvoir ce lundi a ravivé les tensions en Espagne sur l'indépendance de la Catalogne.

Menace et rappel historique

Pablo Casado, vice-secrétaire chargé de la communication du Parti populaire du chef du gouvernement Mariano Rajoy, a cru bon de rappeler le sort du dernier leader catalan à avoir voulu prononcer l’indépendance en mettant par là même en garde Carles Puigdemont, l'actuel président de Catalogne.

Il a ainsi fait référence à Lluis Companys, un président catalan de la gauche républicaine qui, le 6 octobre 1934, avait proclamé un « Etat catalan de la république fédérale d’Espagne ». Cet état n’avait existé qu’une dizaine d’heures et Lluis Companys, jugé et condamné par un tribunal militaire, fut livré à la dictature militaire franquiste par la gestapo, la police secrète de l’Allemagne nazie.

Une vive émotion en Espagne

Après avoir été torturé, il termina fusillé au château de Montjuic à Barcelone en octobre 1940. Pour la petite histoire, il n’a alors pas souhaité qu’on lui bande les yeux et mourut face au peloton d’exécution en criant « pour la Catalogne ! ».

La référence de Pablo Casado à cette funeste période de l'histoire de l'Espagne a provoqué une vive émotion en Espagne, à quelques heures de l'intervention de Carles Puigdemont devant le Parlement catalan. La télévision publique en a fait l'événement du jour et la tirade de Pablo Casado était très commentée sur Twitter.