Indépendance de la Catalogne: A 18 heures ce mardi, Barcelone devra faire un choix

PARLEMENT Carles Puigdemont, le président séparatiste, va-t-il déclarer unilatéralement l’indépendance de sa région, temporiser ou faire machine arrière?….

20 Minutes avec AFP
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Le président catalan Carles Puigdemont
Le président catalan Carles Puigdemont — Jordi Bedmar/AP/SIPA
  • En cas d’indépendance, Madrid pourrait suspendre l’autonomie de la Catalogne.
  • Toute mesure drastique pourrait provoquer des troubles dans la région.

L’Espagne s’approche ce mardi de l’inconnu : une possible déclaration d’indépendance de la Catalogne avec un engrenage de rupture vis-à-vis de Madrid aux conséquences incalculables qui inquiètent l’Europe.

Les Catalans, partagés presque à parts égales sur une sécession, et le pays entier n’ont plus qu’une question en tête : Carles Puigdemont, le président séparatiste, va-t-il déclarer unilatéralement l’indépendance de sa région comme il menace de le faire, temporiser ou faire machine arrière ?

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« Basta ! »

Cet ancien journaliste de 54 ans, indépendantiste depuis son plus jeune âge, doit répondre à la question lors d’un discours devant le parlement catalan à 18 heures au cours duquel il devrait évoquer les conséquences du référendum d’autodétermination illégal du 1er octobre.

Selon plusieurs médias espagnols, il l’a écrit et ré-ecrit toute la journée de lundi, entouré de ses conseillers, tiraillé sans doute entre les partisans d’un départ sans ménagements et ceux qui craignent l’indépendance soit finalement pire que le mal, la tutelle de Madrid.

« Basta ! » lui ont aussi dit des centaines de milliers de Catalans opposés à l’indépendance lors d’une grande manifestation dimanche. Un terme également employé lundi par la principale organisation patronale, Foment del Treball, après que six des sept entreprises catalanes cotées en Bourse ont décidé de transférer leur siège social hors de la région.

Ne pas perdre la face

Mais son camp l’a encouragé à persévérer, avec une grande manifestation prévue aux abords du parlement. L’avenir d’une région grande comme la Belgique, riche de 7,5 millions d’habitants, et au-delà le destin de tout un pays qui se jouera mardi soir lors de ce discours, sous le regard inquiet du reste de l’Europe, ébranlée par le Brexit de 2016.

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L’ordre du jour officiel de la séance du parlement catalan porte sur la « situation politique » après le « référendum » que les séparatistes catalans affirment avoir remporté avec 90 % des voix et un taux de participation de 43 %.

Carles Puigdemont pourrait aussi choisir une voie médiane, une « déclaration d’indépendance en différé », ou se contenter d’une proclamation symbolique, évoquant l’urgence d’un dialogue, et enclenchant un processus par étapes, pour ne pas perdre la face.

Fantômes du passé

A Madrid, le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy a prévenu qu’en cas de déclaration unilatérale d’indépendance il pourrait chercher à suspendre l’autonomie de la région, une mesure jamais appliquée dans cette monarchie parlementaire extrêmement décentralisée. La justice pourrait, elle, agir contre Carles Puigdemont et le noyau dur d’indépendantistes qui a organisé le référendum et planifie depuis des mois « l’indépendance ».

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Mais toute mesure drastique risque de provoquer des troubles en Catalogne, où huit électeurs sur dix auraient souhaité un référendum en bonne et due forme. L’émotion est également forte dans toute l’Espagne où les vieux fantômes du passé ressurgissent quand parmi les « patriotes » défendant l’unité du pays se glissent des nostalgiques de la dictature de Francisco Franco (1939-1975).

De nombreuses questions demeurent aussi sur la réalisation d’une telle indépendance. La région a bien la main sur l’éducation, la santé, la police. Mais, outre les finances, le contrôle de l’espace aérien, des infrastructures (ports, aéroports, réseau ferroviaire, télécommunications…) et de l’armée reste entre les mains de l’Etat.