Le président gabonais Ali Bongo fait condamner Pierre Péan en diffamation

JUSTICE Ces passages relaient des « accusations très graves formulées de façon affirmative », sur une base factuelle « insuffisante », ont estimé les juges dans leur décision…

20 Minutes avec AFP

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Le journaliste Pierre Péan
Le journaliste Pierre Péan — BALTEL/SIPA

Le journaliste et écrivain Pierre Péan a été condamné ce jeudi par le tribunal correctionnel de Paris à 1.000 euros d’amende pour avoir diffamé le président gabonais Ali Bongo en laissant entendre dans un de ses livres qu’il avait commandité un assassinat politique.

Dans son livre intitulé Nouvelles affaires africaines publié en 2014, Pierre Péan laissait entendre qu’Ali Bongo était à l’origine de deux tentatives d’assassinat de Jean-Pierre Lemboumba, directeur de cabinet de son père Omar Bongo quand celui-ci était président.

« Des accusations très graves formulées de façon affirmative »

Ces passages relaient des « accusations très graves formulées de façon affirmative », sur une base factuelle « insuffisante », ont estimé les juges dans leur décision. Pierre Péan a en revanche été relaxé au titre de la bonne foi pour plusieurs autres passages dans lesquels il imputait à Ali Bongo d’avoir commandité l’empoisonnement de Georges Rawiri, président du Sénat, et d’avoir fomenté un « coup d’Etat électoral » lors de l’élection présidentielle de 2009. Le tribunal estime qu’il a produit une « documentation solide, variée, abondante et qui se recoupe » pour étayer ces propos.

Sophie de Closets, qui dirige l’éditeur du livre, Fayard, a pour sa part été condamnée à 1.000 euros d’amende avec sursis. Les deux prévenus devront en outre payer un euro de dommages et intérêts à Ali Bongo.