Europe: Non, l'Allemagne ne «soutient pas pleinement» les propositions de Macron

FAKE OFF La classe politique allemande est désunie sur l’Europe…

M.Co. avec AFP

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Angela Merkel et Emmanuel Macron le 28 août à l'Elysée.
Angela Merkel et Emmanuel Macron le 28 août à l'Elysée. — Francois Mori/AP/SIPA
  • En Marche se réjouit dans un tweet que « l’Allemagne soutienne pleinement les propositions de la France pour la relance du projet européen ».
  • Angela Merkel a souligné qu’il existe « un large consensus » entre les deux pays.
  • Mais, pour gouverner, elle devra s’allier avec un parti réticent à certaines propositions d'Emmanuel Macron.

« L’Allemagne soutient pleinement les propositions de la France pour la relance du projet européen. Une avancée décisive », se félicite le compte Twitter officiel d’En Marche, dans un tweet publié mercredi. Pour preuve, le compte publie une interview élogieuse de Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des Finances, extraite d’un programme diffusé sur Arte.

En Marche fait allusion aux propositions pour l’Union européenne dévoilées par le président de la République le 26 septembre à la Sorbonne. Emmanuel Macron y a notamment proposé la création d’un ministre des finances de la zone euro, d’une « force commune d’intervention » européenne pour 2020 ou encore la création d’une académie européenne du renseignement.

>> A lire aussi : Ce qu’il faut retenir de l’intervention d'Emmanuel Macron à la Sorbonne

FAKE OFF

L’Allemagne a-t-elle pleinement soutenu ces propositions, comme l’affirme En Marche ? La réponse est mitigée. Si, dans la vidéo tweetée par le mouvement, Wolfgang Schaüble montre un accueil très favorable, celui-ci est sur la sellette et ne va pas conserver son poste de ministre des Finances dans la nouvelle coalition à Berlin.

Quant à Angela Merkel, deux jours après le discours de Macron à la Sorbonne, elle a estimé qu’il existe un « large consensus entre l’Allemagne et la France » sur l’avenir de l’Europe. « Toutefois, nous devons naturellement encore parler des détails. Mais je suis fermement convaincue que l’Europe ne peut pas en rester là », a ajouté la chancelière.

Discussion « animée »

La réaction tardive d’Angela Merkel s’explique par la situation électorale en Allemagne. Le 24 septembre, deux jours avant le discours d'Emmanuel Macron, la chancelière a remporté une difficile victoire aux législatives. Elle cherche à trouver un accord pour gouverner avec notamment les Libéraux du FDP, opposés aux idées du président français sur la zone euro, tout comme la frange la plus conservatrice du camp Merkel.

Sur le sujet sensible de la réforme du fonctionnement de la zone euro, Berlin s’attend à une discussion « animée » et « intense », a déclaré le porte-parole de la chancellerie, Steffen Seibert le 27 septembre.

Des positions opposées

Christian Lindner, le chef des Libéraux, a déjà prévenu qu' « un budget de la zone euro - M. Macron parle de plusieurs points de PIB et cela représenterait plus de 60 milliards d’euros pour l’Allemagne - où l’argent atterrirait en France pour les dépenses publiques ou en Italie pour réparer les erreurs de (Silvio) Berlusconi, serait impensable pour nous et représenterait une ligne rouge. »

Cem Özdemir, le chef des Verts, qui pourraient eux aussi faire partie de la coalition, a lui accueilli favorablement les propositions françaises.

Angela Merkel, affaiblie par le résultat des législatives, devra composer avec ces positions différentes sur le projet européen. Le soutien plein et entier de l’Allemagne n’est donc pas assuré…

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