Cacophonie au sommet: Les voix dissonantes de Trump et ses ministres sur la Corée du Nord

ETATS-UNIS Le secrétaire à la Défense a tenté de rassurer sur la cohésion du gouvernement américain...

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump entouré de ses ministres Rex Tillerson et Jim Mattis, à Bruxelles le 25 mai 2017.
Donald Trump entouré de ses ministres Rex Tillerson et Jim Mattis, à Bruxelles le 25 mai 2017. — Stephanie Lecocq/AP/SIPA

Dans le brouhaha émanant du gouvernement américain sur la question nord-coréenne, un ministre agite le diapason. Jim Mattis, le secrétaire à la Défense, a cherché mardi à rassurer sur la cohésion de l’administration Trump au sujet du régime de Kim Jong-un.

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« Le ministère de la Défense apporte son soutien total aux efforts du secrétaire [d’Etat Rex] Tillerson pour trouver une solution diplomatique », a déclaré Jim Mattis, qui s’exprimait devant la commission des Forces armées du Sénat. En même temps, l’armée américaine « concentre ses efforts sur la défense des Etats-Unis et de leurs alliés », a-t-il ajouté.

Rabrouage sur Twitter

Par son soutien au chef de la diplomatie, il a semblé contredire Donald Trump. Dimanche, dans une série de tweets, le président américain avait en effet paru rabrouer Rex Tillerson, son « merveilleux secrétaire d’Etat », pour avoir évoqué publiquement l’existence de « canaux de communication » avec Pyongyang visant à « sonder » les intentions du régime quant à l’avenir de son programme nucléaire.

« Il perd son temps à négocier avec le petit Rocket Man… » (l’homme-fusée), avait-il écrit, reprenant l’une de ses références moqueuses au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. « Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire. »

Rétropédalage sur le « dialogue » avec la Corée du Nord

Interrogé à ce sujet, le ministre de la Défense a assuré qu’il n’y avait pas au sein de l’administration américaine « autant de divergences que certains le pensent » sur la question nord-coréenne. « Les instructions que le président Trump nous a données, à Monsieur Tillerson et à moi-même, sont très claires : nous devons poursuivre les efforts diplomatiques avec diverses initiatives menées avec la Chine et pousser à des sanctions, des sanctions économiques destinées à garder tout ceci dans le cadre diplomatique », a-t-il déclaré. Quant aux « canaux de communications », « tout ce que nous faisons, c’est les sonder. Nous ne discutons pas avec eux », a-t-il ajouté.

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Au département d’Etat aussi, un responsable a voulu relativiser les propos de Rex Tillerson : « quand il dit que nous les "sondons", il veut dire que nous gardons les yeux ouverts pour voir comment les sanctions et la campagne de pression agissent sur leur gouvernement ».

« Ce n’est pas du tout le moment, ils font trop de choses horribles »

Alors qu’un sénateur lui faisait remarquer que ces discussions paraissaient ne pas plaire au président américain, Jim Mattis s’est montré rassurant. « Le fait que le président ait dépêché Monsieur Tillerson à Pékin, il y a quelques jours à peine, pour transmettre des messages » aux dirigeants chinois et « voir comment nous pouvons coopérer avec eux, est la réponse la plus exacte à votre question », a-t-il dit, évoquant « un effort intégré de l’ensemble du gouvernement ».

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Après le rappel à l’ordre de Donald Trump, la Maison Blanche avait insisté lundi en expliquant que l’heure n’était pas au dialogue avec la Corée du Nord. « C’est exactement ce que […] le secrétaire Tillerson a déjà dit », a assuré mardi la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert. « Bien sûr nous aimerions à un moment donné nous asseoir à une table et discuter avec la Corée du Nord, mais ce n’est pas du tout le moment, ils font trop de choses horribles » en multipliant les essais balistiques et nucléaires, a-t-elle ajouté.

Rex Tillerson s’est fait le chantre de « pressions pacifiques » sur Pyongyang, via un durcissement des sanctions internationales et en travaillant avec la Chine pour resserrer l’étau autour du régime nord-coréen, alors que Donald Trump et Kim Jong-un se livrent de leur côté à une surenchère verbale.