Attentat à Las Vegas: Malgré la tuerie, les jeux continuent

ETATS-UNIS La pire fusillade de l’histoire américaine moderne a fait 58 morts et près de 500 blessés...

20 Minutes avec AFP
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Deux festivalières près de l'hôtel-casino Mandalay Bay de Las Vegas
Deux festivalières près de l'hôtel-casino Mandalay Bay de Las Vegas — MARK RALSTON / AFP

En ce début d’après-midi à l’hôtel Mandalay Bay de Las Vegas, les joueurs laissent échapper un cri de joie quand le barman annonce le début de l'« happy hour ». Douze heures à peine après qu’ un tireur a abattu 58 personnes et blessé plus de 500 autres, depuis sa chambre située au 32e étage de cet établissement, la bonne humeur régnant au bar Rock and Roll Denim a de quoi surprendre.

La pire fusillade de l’histoire américaine moderne ne semble pas non plus avoir sapé l’enthousiasme des joueurs de l’hôtel-casino, bien décidés à continuer à tirer des cartes, faire tourner la roulette ou activer les bandits-manchots.

« Aller de l’avant » pour ne pas avoir peur « pour le restant de ses jours »

Bill Cook, un père de deux enfants originaire de New York, était arrivé au Mandalay Bay pour une conférence quelques heures avant que Stephen Paddock ouvre le feu sur les spectateurs d’un festival de musique country qui se déroulait en face de l’hôtel.

« J’essaie de ne pas penser à ce qui est arrivé. C’est terrible pour les gens qui sont touchés, et mes pensées et prières sont avec eux et leurs familles », déclare depuis la vaste salle de jeux cet ingénieur en systèmes informatiques de 48 ans.

« Mais il faut aller de l’avant. Si je ressasse, je vais avoir peur pour le restant de mes jours », concède-t-il cependant. « Ça fait peur mais il se passe beaucoup de choses dans le monde. Si vous laissez tout vous affecter, vous allez toujours rester terré dans un coin. »

Ambiance sombre

S’il compte rester à Vegas aussi longtemps que prévu avant la tragédie, il admet qu’un ami de New York qui était là en même temps que lui a été bien plus perturbé par les sanglants événements de la nuit : « Il était deux étages au-dessus du tireur et il allait repartir chez lui. Il a tout entendu. Tout vu. »

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Veronica Haig, une Texane, a de son côté rejoint au Mandalay Bay son mari Robert, qui assistait également à une conférence et prévoyait de prolonger ce séjour en vacances.

« Ce matin je suis venue ici, l’ambiance était sombre [….] J’ai remercié beaucoup de gens pour être envers et contre tout venus travailler » au Mandalay Bay, raconte cette femme de 42 ans.

« Peut-être qu’on pourra s’amuser un peu. Peut-être »

Veronica Haig raconte avoir entendu des sirènes et des hélicoptères après le début du massacre, et avoir été à sa fenêtre voir ce qui causait ce tumulte. « Je me disais "Ces fenêtres sont vraiment fines. On entend tout". Mon mari était déjà au lit. Je suis descendue et on m’a dit "Nous sommes en confinement, ne sortez pas, retournez dans votre chambre et enfermez-vous". »

« Je suis remontée, j’ai allumé la télévision et j’ai vu ce qui se passait. C’est dingue que quelque chose de la sorte puisse se produire, que tant de gens soient touchés », a-t-elle ajouté.

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Elle n’a toutefois aucune intention de raccourcir son séjour. « On va rester ici. Peut-être qu’on pourra s’amuser un peu. Peut-être ».