VIDEO. Attaque au Canada: Un «attentat terroriste» selon Trudeau, l'agresseur serait un demandeur d'asile somalien

CANADA Le suspect était connu des services de renseignement...

20 Minutes avec AFP

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Le camion utilise lors de l'attaque qui a fait cinq blessés à Edmonton (Canada), le 1er octobre 2017.
Le camion utilise lors de l'attaque qui a fait cinq blessés à Edmonton (Canada), le 1er octobre 2017. — MICHAEL MUKAI / AFP

« Nous ne pouvons pas laisser, et nous ne laisserons pas, l’extrémisme violent prendre racine » parmi les populations, a déclaré Justin Trudeau dimanche. Le Premier ministre canadien a dénoncé un « attentat terroriste » à Edmonton, où un Somalien, en attente du statut de réfugié, a agressé à l’arme blanche un policier avant de blesser quatre piétons avec une camionnette bélier.

Justin Trudeau s’est déclaré « extrêmement préoccupé et indigné par cette tragédie » qu’il a qualifiée d'« attentat terroriste ». « Le terrorisme n’a pas sa place en Alberta (…), la haine et l’extrémisme » non plus, a déclaré de son côté Rachel Notley, chef du gouvernement de cette province de l’ouest canadien.

Un Somalien connu des services de renseignement

Un drapeau de Daesh retrouvé dans la voiture du suspect, et le mode opératoire - un véhicule utilisé comme arme comme dans d’autres attaques -, ont notamment conduit la police a ouvrir une enquête pour « acte de terrorisme ».

L’homme de 30 ans, identifié par les médias locaux comme Abdulahi Hasan Sharif, est un Somalien qui s’était déjà retrouvé dans le radar des services de renseignement. Le suspect est « dans un processus de demande de statut de réfugié », a indiqué Marlin Degrand, commissaire adjoint de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il a ajouté qu’en 2015 l’individu avait été interrogé dans le cadre d’une enquête liée aux mouvements islamistes. Toutefois, après ces interrogatoires, « il n’y avait pas de preuve suffisante pour le poursuivre avec des accusations de terrorisme », a déclaré le commissaire adjoint.

Violente agression d’un policier

L’attaque a commencé samedi soir aux abords du stade de la capitale de l’Alberta où se déroulait un match de football canadien. Un homme à bord d’une automobile roulant à vive allure a percuté une barrière métallique puis projeté un policier à cinq mètres de hauteur, selon la police. Les images d’une caméra de surveillance routière, diffusées par la police d’Edmonton dimanche, témoignent de la violence du choc et de la détermination du conducteur.

Aussitôt après avoir heurté le policier, l’homme sort de son véhicule, en fait le tour et vient porter des coups de couteau au policier à terre, avant de prendre la fuite à pied. La police qui a dressé différents barrages routiers dans cette ville de 800.000 habitants, a contrôlé vers minuit une camionnette de déménagement dont le conducteur a été identifié comme le propriétaire de la voiture impliquée dans l’agression du policier quatre heures plus tôt.

Dangereuse course-poursuite

Une course poursuite s’est alors engagée, avec plus d’une dizaine de voitures de police. Dans sa fuite, « le suspect a délibérément tenté de heurter des piétons dans les passages réservés ou sur les trottoirs » en blessant quatre personnes à deux endroits différents, a confirmé Rod Knecht, chef de la police d’Edmonton lors d’une conférence de presse télévisée.

Dans sa course folle, le conducteur a perdu le contrôle de la camionnette qui s’est renversée. Les policiers ont alors brisé le pare-brise et tiré une grenade assourdissante, selon le chef de la police. Face à la résistance du suspect, ils ont fait usage de leur taser pour le neutraliser et lui passer les menottes. « Nous pensons que c’est un individu qui a agi seul, bien que l’enquête n'en soit qu'au début », a indiqué le responsable. Pour le maire d’Edmonton, Don Iverson, l’attaque est celle « d’un loup solitaire ».

Plusieurs attaques ces dernières années

Le chef du gouvernement a été critiqué concernant sa politique migratoire avec l’arrivée de plusieurs milliers de réfugiés depuis son arrivée au pouvoir fin 2015. Le Canada a connu plusieurs attaques ces dernières années : en octobre 2014, un Canadien avait tué un militaire sur un parking au Québec. Deux jours plus tard, un jeune radicalisé avait tué un soldat lors d’une attaque devant le Parlement à Ottawa.

En mars 2016, un Canadien se réclamant de l’islamisme radical avait agressé deux militaires dans un centre de recrutement à Toronto. Fin janvier, un suprémaciste blanc avait tué six musulmans à la mosquée de Québec.