Référendum en Catalogne: Que va-t-il se passer pour Mariano Rajoy et les dirigeants catalans?

ESPAGNE « 20 Minutes » revient sur les différents scenarii envisageables…

À Barcelone, Antonin Vabre

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Un homme vote dans une école de Barcelone, le 1er octobre 2017.
Un homme vote dans une école de Barcelone, le 1er octobre 2017. — Enric Marti/AP/SIPA
  • Les dirigeants catalans risquent beaucoup sur le plan juridique.
  • Le président du gouvernement central Mariano Rajoy a perdu quelques soutiens.
  • La situation est plus incertaine que jamais.

Incertitude en Catalogne, à l’issue d’une journée historique marquée par le référendum d’autodétermination organisé par le gouvernement catalan. La loi votée par le Parlement de la région autonome espagnole concernant le référendum était explicite, si le « oui » l’emporte - ce qui a été le cas —, des élections constituantes doivent avoir lieu dans les six mois afin d’écrire une constitution. 20 Minutes explique les conséquences et scenarii envisageables.

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Pour les dirigeants catalans

En novembre 2014, le président de la Generalitat (le gouvernement autonome catalan), Artur Mas, avait déjà convoqué un référendum consultatif pour l’indépendance. Condamné à 2 ans d’inéligibilité et 36.500 € d’amende, il avait inspiré la Loi de Sécurité nationale. Cette loi, résultant d’un accord entre le Parti populaire (droite) au pouvoir et son premier opposant le Parti Socialiste, donne au chef de l’Etat le droit de suspendre l’autonomie d’une communauté autonome dans le cas d’une « situation d’intérêt pour la sécurité nationale ».

L’actuel président de la Generalitat, Carles Puigdemont risque très gros. Tout comme les autres hauts dirigeants. L’article 472 de la Constitution espagnole indique qu’il est interdit de « déclarer l’indépendance d’une partie du territoire », et l’article 473 stipule que « ceux qui ont promu ou soutenu la rébellion, ses chefs principaux, seront punis de 15 à 25 ans de prison. »

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Depuis l’annonce de la volonté de référendum, Mariano Rajoy a insisté sur le fait qu’il utiliserait tous les moyens légaux pour l’empêcher. Puigdemont a déjà annoncé une « bataille juridique » contre les agissements du parquet, qui a notamment mis la police catalane sous les ordres du ministre de l’Intérieur, chose contraire au droit selon le président de la Generalitat. Il considère que les droits ont été violés selon « l’article 24 de la Constitution espagnole, et l’article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE. »

Pour le mouvement indépendantiste

Avec 90 % de oui, les séparatistes ont enregistré un large succès. Selon le Centre d’études d’opinion espagnol, en mars 2016, 50 % des Catalans étaient opposés à l’indépendance, contre 42,9 % favorables. Au début du mois dernier, 50,1 % étaient pour une sécession, contre 45,7 %. Dans l’adversité, l’unité a progressé, les partis de l’extrême gauche à la droite catalanes s’étant retrouvés dans ce combat. Les syndicats ont appelé à une grève mardi en prolongation du mouvement.

Pour Mariano Rajoy

Les troubles font tache auprès de l’UE qui n’a pas besoin que se popularise une volonté d’autodétermination régionaliste. Au niveau international, Rajoy n’a pas été critiqué par les dirigeants, Emmanuel Macron l’a publiquement soutenu à Tallin. Au niveau national, le leader du parti de gauche Podemos, Pablo Iglesias, a demandé sa démission. Le Parti nationaliste basque ne le suit plus, or il a besoin des députés basques pour valider son budget. En cas de blocage prolongé jusqu’au 1er janvier, il devra convoquer de nouvelles élections législatives.