La Corée du Nord ne montre pas d'«intérêt» pour un dialogue avec les Etats-Unis

MONDE Le Secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson avait assuré samedi que Washington était en contact avec le régime de Kim Jong-un…

M.C. avec AFP

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Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson en visite en Chine le 30 septembre 2018.
Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson en visite en Chine le 30 septembre 2018. — Andy Wong/AP/SIPA

Vents contraires sur une possible amorce de reprise de négociations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. Pyongyang n'a montré «aucun signe d'intérêt» pour des pourparlers avec Washington, a estimé samedi le département d'Etat américain, dont le patron Rex Tillerson avait évoqué le même jour à Pékin l'ouverture de «canaux de communication» avec le régime de Kim Jong-un.

«Les officiels nord-coréens n'ont montré aucun signe d'intérêt pour des pourparlers sur la dénucléarisation», a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert dans un communiqué, tout en rappelant l'existence de «plusieurs canaux pour communiquer avec des officiels au sein du régime nord-coréen», dont avait déjà parlé un peu plus tôt dans la capitale chinoise le secrétaire d'Etat.

« Deux ou trois canaux ouverts avec Pyongyang »

Rex Tillerson avait à cet égard déclaré que les Etats-Unis étaient en train de «sonder» la volonté nord-coréenne d'engager des discussions sur son programme nucléaire. « Nous posons des questions. Nous avons des lignes de communication avec Pyongyang, nous ne sommes pas dans le noir complet », a assuré le chef de la diplomatie américaine devant des journalistes à Pékin, à la suite d’une rencontre avec le président chinois Xi Jinping.

« Nous avons deux ou trois canaux ouverts avec Pyongyang (…) Nous pouvons leur parler, nous leur parlons », a martelé Rex Tillerson. Le régime de Kim Jong-Un se montrerait-il disposé à revenir à la table des négociations ? Rex Tillerson répond de façon elliptique : « Nous sondons (nos interlocuteurs), donc restez attentifs ».

Mais Washington assure maintenant que cette tentative de dialogue est restée sans réponse, sur fond d'escalade verbale entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

« La situation est un peu surchauffée en ce moment »

Les Etats-Unis ont répété à plusieurs reprises ne pas écarter « l’option militaire » contre la Corée du Nord, le président Donald Trump brandissant même la menace d’une « destruction totale » du pays. Mais de hauts responsables de l’administration américaine reconnaissent qu’une intervention militaire dans la péninsule serait compliquée et périlleuse, mettant en danger la population sud-coréenne à portée de l’artillerie du Nord.

A contrario, Rex Tillerson se fait le chantre de « pressions pacifiques » sur Pyongyang, via un durcissement des sanctions internationales et en travaillant avec la Chine pour resserrer l’étau autour du régime stalinien.

Mais ses efforts sont éclipsés par la violente escalade verbale dans laquelle sont engagés Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, qui échangent insultes et accusations. « Homme-fusée » embarqué dans une « mission suicide », a récemment lancé l’hôte de la Maison Blanche. « Gâteux mentalement dérangé », avait répondu le Nord-Coréen.

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Samedi encore, un organe de propagande nord-coréen livrait une nouvelle salve d’injures, qualifiant Donald Trump de « vieux psychopathe » dont l’attitude provoquera « un désastre nucléaire qui réduira l’Amérique en océan de flammes ».

Tillerson peu empressé de défendre les tweets belliqueux de Trump

Cette spirale verbale alarme la communauté internationale et avive le spectre d’un essai nucléaire nord-coréen dans le Pacifique, susceptible d’entraîner une réaction des forces armées américaines.

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Rex Tillerson s’est montré ce samedi peu empressé de défendre les tweets belliqueux du président Trump : « La situation est un peu surchauffée en ce moment. Je pense que tout le monde voudrait que ça se calme », a-t-il observé.

« Si la Corée du Nord cessait de tirer des missiles, cela apaiserait déjà pas mal les choses », a-t-il cependant plaidé. Une éventuelle intervention militaire dépend du seul Donald Trump, mais « autant que je sache, le commandant en chef n’a pas tracé de lignes rouges », a-t-il également commenté.