VIDEO. Rohingyas en Birmanie: L’ONU réclame un «arrêt des opérations militaires» dans l'ouest du pays

MONDE Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a dénoncé jeudi un «cauchemar humanitaire»…

20 Minutes avec AFP

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Birmanie: Guterres réclame un arrêt des actions militaires — 20Minutes

Une rare réunion publique du Conseil de sécurité de l’ONU s’est tenue jeudi sur la Birmanie à la demande par sept de ses 15 membres - la dernière remontait à 2009 -. A cette occasion le patron de l’ONU a haussé le ton jeudi, au moment où la minorité rohingya était frappée par un nouveau drame avec la mort d’au moins 15 réfugiés dans un naufrage.

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La barre du demi-million de réfugiés atteinte

Antonio Guterres a réclamé un « arrêt des opérations militaires » dans l’ouest de la Birmanie  et dénoncé un « cauchemar humanitaire ». Il a aussi demandé au gouvernement birman un « accès humanitaire » dans la zone de conflit et « le retour en sécurité, volontaire, digne et durable » dans leurs régions d’origine des réfugiés ayant fui au Bangladesh.

Le nombre de Rohingyas réfugiés dans ce pays depuis fin août pour échapper aux violences en Birmanie a franchi jeudi la barre du demi-million, selon les Nations unies, soit l’un des plus importants déplacements de population de ce début de XXIe siècle en Asie.

« Il n’y a ni nettoyage ethnique, ni génocide en Birmanie », a assuré au Conseil Thaung Tun, conseiller birman à la sécurité nationale. « Le terrorisme n’a pas sa place dans un monde civilisé », a-t-il ajouté lors de la réunion de la plus haute instance onusienne, divisée sur le dossier birman.

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Rangoon soutenu par Pékin et Moscou

Pékin, comme Moscou, a apporté son appui aux autorités birmanes. « Nous soutiendrons la Birmanie pour qu’elle rétablisse la situation. Nous espérons que la sécurité pourra être rétablie et que la population n’aura pas à souffrir, afin que le développement économique du pays puisse être garanti », a déclaré le représentant chinois au Conseil de sécurité, Wu Haitao, lors d’une très brève intervention.

La Chine est le principal soutien de la Birmanie, où elle compte d’importants intérêts économiques, notamment dans l’Ouest, théâtre de la campagne de répression de l’armée birmane consécutive à des attaques de la jeune rébellion rohingya le 25 août. « Il faut être très prudent quand on parle de nettoyage ethnique, de génocide », a renchéri l’ambassadeur russe Vassily Nebenzia, en affirmant que « des terroristes avaient incendié des villages ».

Menaces de l’ambassadrice américaine

« Le statu quo n’est pas tenable », a jugé pour sa part l’ambassadeur français, François Delattre. Son homologue sénégalais Fodé Seck a affirmé que « la tragédie était insoutenable », tandis que Nikki Haley, représentant les Etats-Unis, dénonçait « une campagne militaire brutale et continue » de l’armée birmane.

Et l’ambassadrice américaine de menacer : « Nous devons à présent envisager une action contre les forces de sécurité birmanes qui sont impliquées dans des abus et ont attisé la haine parmi leurs compatriotes ».

« Les dirigeants birmans, qui ont tant sacrifié pour une Birmanie ouverte et démocratique, devraient avoir honte », a ajouté Nikki Haley, dans une allusion à peine voilée à Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix très critiquée pour sa gestion de la crise.

Les dernières réunions depuis fin août du Conseil de sécurité avaient toutes été à huis clos. A ce jour, les multiples appels de l’ONU, à ouvrir un accès humanitaire et à permettre un retour des Rohingyas sont restés lettre morte.

Un voyage dans l’ouest birman des représentants des agences des Nations unies en Birmanie, prévu initialement jeudi, aura lieu lundi, a indiqué U Thaung Tun, précisant que son pays invitait aussi Antonio Guterres à venir en Birmanie.