Non, l'ONU ne veut pas légaliser la pédophilie et imposer des «droits sexuels»

FAKE OFF Les Nations Unies n'ont jamais adopté un tel texte...

20 Minutes

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Non, l'ONU ne veut pas imposer une législation favorable à la pédophilie.
Non, l'ONU ne veut pas imposer une législation favorable à la pédophilie. — CHINE NOUVELLE/SIPA
  • A partir d’une déclaration des «droits sexuels» publiée en 2008, des sites en ont conclu que l’ONU voulait légaliser la pédophilie.
  • Cette déclaration ne vise aucunement à légaliser la pédophilie, mais vise au contraire à défendre les enfants victimes d’exploitation sexuelle.
  • Elle n’a pas été publiée par l’ONU mais par une fédération.

En 2008, la Fédération internationale du planning familial (IPFF), qui travaille notamment avec l’ONU, publie une déclaration portant sur les « droits sexuels. » En 2016, plusieurs sites se penchent sur cette même déclaration et y voient, pour certains, une « légalisation de la pédophilie par l’ONU », tandis que d’autres y concluent que «  l’ONU demande les droits sexuels et la sexualité à partir de 10 ans. »

Ces affirmations sont aujourd’hui reprises sur les réseaux sociaux, près de dix ans après la publication de la déclaration…

FAKE OFF

Pourquoi ces affirmations ne sont-elles pas valables ?

Le texte ne comprend aucun passage qui est favorable à la légalisation de la pédophilie. Au contraire, les rédacteurs de la déclaration prennent le soin de réaffirmer en préambule que « tous les enfants et adolescents ont le droit d’être protégés contre toutes les formes d’exploitation, soit : la protection contre l’exploitation sexuelle, contre la prostitution des enfants et contre toutes les formes d’abus, de violence ou de harcèlement sexuels, comme la coercition d’un enfant pour le contraindre à se livrer à une activité ou une pratique sexuelle et l’utilisation des enfants dans le cadre des spectacles ou de publications à caractère pornographique. » Ils s’appuient ainsi sur l’article 34 de la Convention internationale des droits de l’enfant.

En note, ces rédacteurs précisent qu' « en droit international, un enfant s’entend de tout être humain âgé de moins de 18 ans. »

>> A lire aussi : La prise en charge des pédophiles visée par plusieurs intox

Pourquoi ce texte a-t-il été écrit ?

Il a été publié il y a six ans par la Fédération internationale du planning familial, qui regroupe 142 associations de planning familial, présentes dans 153 pays. 23 partenaires travaillent dans 18 pays supplémentaires. Cette déclaration n’a aucunement valeur de loi, ni en France ni dans aucun autre pays. Il s’agit d’un outil à destination des « organisations, activistes, chercheurs et décideurs politiques qui travaillent à promouvoir et à assurer les droits de l’homme », détaille l’IPPF. Il ne régit donc pas la vie des citoyens vivant en France.

Ce texte à une visée universaliste : il vise à unifier les droits des femmes et des minorités dans l’ensemble des pays du monde, des droits encore disparates aujourd’hui. Il vise notamment les discriminations envers les personnes homosexuelles, mais aussi la pratique de l’excision ou le mariage des mineurs.

Quels sont les liens entre l’IPFF et l’ONU ?

L’IPPF participe à plusieurs commissions de l’ONU. Mais de là à affirmer que ce texte est une émanation de l’ONU, il y a un pas, qui ne saurait être franchi.

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