VIDÉO. Brexit: Entre Européens et Britanniques, les négociations restent dans l'impasse

UNION EUROPÉENNE Un quatrième cycle de négociations s’est ouvert ce lundi à Bruxelles…

20 Minutes avec AFP

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Michel Barnier, négociateur désigné par l'Union Européenne dans le cadre du Brexit tenait ce lundi à Bruxelles une conférence de presse aux côtés de David Davis, ministre britannique. 
Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA
Michel Barnier, négociateur désigné par l'Union Européenne dans le cadre du Brexit tenait ce lundi à Bruxelles une conférence de presse aux côtés de David Davis, ministre britannique. Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA — Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA
  • Londres conditionne l’accord sur la « facture » du départ de son pays de l’UE à un accord sur « le nouveau partenariat » entre Londres et Bruxelles
  • Une position qui va à l’encontre de celle prônée par les Européens

On prend les mêmes et on recommence ! Ce lundi, Européens et Britanniques ont ouvert à Bruxelles le quatrième cycle de négociations du Brexit en campant sur leurs positions antagonistes, Londres continuant de lier l’accord de retrait du Royaume-Uni aux discussions sur la future relation avec l’UE.

Dans le sillage du discours de la Première ministre Theresa May vendredi en Italie, le ministre britannique du Brexit David Davis a promis à son arrivée que Londres « honorerait les engagements (financiers) pris pendant la période où nous étions membres ».

D’autres priorités pour les européens

« Il est évident qu’on pourra atteindre une conclusion à ce sujet seulement dans le cadre et le respect de notre nouveau partenariat profond et spécial avec l’UE », a asséné David Davis lors d’un point presse ouvrant le nouveau cycle de pourparlers.

Son homologue européen Michel Barnier venait d’expliquer quelques minutes plus tôt que les deux sujets ne seraient pas abordés en même temps. « Nous ne mélangerons pas la discussion sur les dettes et sur les engagements du passé, nous ne mélangerons pas ces sujets qui font partie du "retrait ordonné" (du Royaume-Uni), avec une discussion sur la future relation », a rappelé Michel Barnier.

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Le Français souhaite faire de ce quatrième rendez-vous bruxellois celui de la « clarté », six mois après le début du processus, appelant les Britanniques à « traduire » les propos - jugés « constructifs » - de Theresa May vendredi à Florence « dans des positions précises de négociations ».

Pragmatisme

David Davis a concédé que progresser dans les discussions exigerait du « pragmatisme des deux côtés ». L’UE insiste pour progresser de façon « significative » sur les trois sujets prioritaires fixés entre les deux parties - droit des citoyens, Irlande, règlement financier - avant d’avancer vers la phase suivante des discussions et aborder la nature de la future relation entre Londres et l’Union.

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Sur la question d’une période de transition de deux ans, évoquée par Theresa May pour la première fois vendredi, Michel Barnier a assuré que cela passait par un « accord préalable » sur ces trois points.

Si les Européens n’ont pas réclamé de fixer un montant pour progresser vers la phase suivante des négociations, ils exigent de définir rapidement une « méthodologie » pour calculer le montant des engagements britanniques. Côté européen, le règlement financier du divorce a été évalué officieusement entre 60 et 100 milliards d’euros, selon plusieurs sources.

Au quotidien The Times, qui affirme que Londres a accepté de payer 40 milliards de livres (45 milliards d’euros), soit 20 milliards comme contribution au budget européen qui court jusqu’en 2020 et 20 milliards pour d’autres engagements, David Davis a répondu que la somme était « inventée ».

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Transition sous régime européen

Par ailleurs, la période de transition devra se faire sous le régime des règles communautaires, a précisé lundi le négociateur en chef de l’UE. « S’il s’agit durant cette période de maintenir la participation du Royaume-Uni au marché unique et à l’Union douanière (…), et aux politiques qui accompagnent le marché unique, il est clair que la totalité de l’architecture de régulation européenne, (sa mise en œuvre), les conditions financières, la supervision, tout cela sera maintenu dans cette période-là sans exception », a-t-il expliqué.

A l’ouverture des négociations, l’objectif était de boucler la première phase à l’automne afin de passer aux discussions sur la nature de la future relation entre l’Union et le Royaume-Uni, mais l’espoir de respecter ce calendrier semble de plus en plus mince. « Il y a eu quelques progrès, mais nous devons vraiment avancer maintenant. Le temps presse », a plaidé le ministre estonien Matti Maasikas, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne.

« On y voit un peu plus clair, mais on n’a pas encore d’éléments très précis », a résumé le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders. La semaine passée, un haut responsable européen affirmait que les 27 prendraient « tout le temps dont nous avons besoin » avant de s’atteler à la deuxième phase des discussions. Une rencontre est par ailleurs prévue mardi à Londres entre Theresa May et Donald Tusk, le président du Conseil européen, organe qui regroupe les dirigeants des Etats de l’Union.