Que va devenir l'accord nucléaire iranien après le test de missile de Téhéran?

IRAN Téhéran a annoncé avoir testé « avec succès » un nouveau missile d’une portée de 2.000 kilomètres...

20 Minutes avec AFP

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Le président iranien Hassan Rohani en visite dans une centrale nucléaire à Bushehr, dans le sud du pays (illustration).
Le président iranien Hassan Rohani en visite dans une centrale nucléaire à Bushehr, dans le sud du pays (illustration). — Mohammad Berno/AP/SIPA

La France s’est dite « extrêmement préoccupée » et Israël a dénoncé une « provocation » de Téhéran. L’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien semblait de plus en plus incertain samedi, le président américain Donald Trump l’ayant jugé remis en cause par un nouveau test de missile de Téhéran.

« L’Iran vient de tester un missile balistique capable d’atteindre Israël. Ils travaillent aussi avec la Corée du nord. Nous n’avons pas vraiment un accord ! », a tweeté le président américain samedi.

Téhéran avait annoncé plus tôt samedi avoir testé « avec succès » un nouveau missile d’une portée de 2.000 kilomètres. Cette capacité permet en théorie d’atteindre Israël, l’ennemi juré de l’Iran, et les bases américaines dans la région.

Climat tendu entre l’Iran et les Etats-Unis

Cette annonce intervient dans un climat très tendu entre l’Iran et les Etats-Unis, le président Donald Trump menaçant de sortir son pays de l’accord sur le nucléaire que Washington a signé en 2015 avec Téhéran conjointement avec l’Allemagne, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et la Russie.

L’accord nucléaire n’interdit pas les activités balistiques de l’Iran mais la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui l’a entériné, demande à l’Iran de ne pas mener d’activités pour développer des missiles conçus pour porter des têtes nucléaires.

Les responsables iraniens affirment que leur pays n’a pas de programme pour fabriquer des armes nucléaires. « Le missile Khoramshahr, d’une portée de 2.000 km, peut transporter plusieurs têtes conventionnelles pour frapper plusieurs cibles à la fois », a dit le général Amir Ali Hadjizadeh, commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, cité vendredi par Irna.

La France « extrêmement préoccupée »

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a dénoncé samedi une « provocation » et « l’ambition de l’Iran à devenir une puissance mondiale pour menacer les pays du Moyen-Orient et les Etats démocratiques dans le monde ».

« La France est extrêmement préoccupée par le tir de missile », a de son côté indiqué le ministère des Affaires étrangères français dans un communiqué. Paris « demande à l’Iran de cesser toute activité déstabilisante dans la région et de respecter toutes les dispositions de la résolution 2231, y compris l’appel à ne pas procéder à ce type d’activités balistiques », poursuit le Quai d’Orsay.

Vendredi, le président Hassan Rohani avait déjà affirmé que l’Iran refusait de limiter son programme balistique. « Que vous le vouliez ou pas, nous allons renforcer nos capacités militaires, nécessaires en matière de dissuasion. Non seulement nous allons développer nos missiles mais aussi nos forces aériennes, terrestres et maritimes. Pour défendre notre patrie, nous ne demanderons la permission à personne », a-t-il lancé lors du défilé militaire.