Pakistan: le camp Musharraf ne peut plus emporter les législatives

Avec agence

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Six personnes, parmi lesquelles un candidat de l'opposition, ont été tués dimanche et lundi dans l'est du Pakistan, en pleines élections législatives et provinciales, perturbées par de nouvelles violences en divers points du pays, ont annoncé les autorités.
Six personnes, parmi lesquelles un candidat de l'opposition, ont été tués dimanche et lundi dans l'est du Pakistan, en pleines élections législatives et provinciales, perturbées par de nouvelles violences en divers points du pays, ont annoncé les autorités. — Pedro Ugarte AFP
Les partis soutenant le président du Pakistan Pervez Musharraf ne peuvent plus mathématiquement, à eux seuls, emporter la majorité pour gouverner, selon les résultats partiels non encore officiels des législatives mais délivrés ce mardi par la télévision d'Etat.

Forte progression pour l'opposition

Lundi soir, l’opposition semblait déjà en passe de remporter les élections législatives et provinciales au Pakistan. Selon un porte-parole du parti soutenant le président Musharraf, les résultats partiels montraient une forte progression des listes de l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif.

«Si les résultats sont confirmés, nous jouerons notre rôle d'opposants de manière aussi efficace que possible», a déclaré Tariq Azeem, le porte-parole de la Ligue Musulmane du Pakistan-Qaid-e-Azam (PML-Q), principal soutien du chef de l'Etat.

Plusieurs autres hauts responsables de la PML-Q ont indiqué à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, que la PML-N (N pour Nawaz) de Nawaz Sharif, ainsi que le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de la défunte Benazir Bhutto, tuée le 27 décembre dans un attentat suicide, menaient le scrutin dans les résultats encore partiels mais déjà suffisamment importants pour parler de tendance majeure.

«Nous félicitons Nawaz Sharif»

«Nous félicitons Nawaz Sharif pour l'excellente performance de son parti et nous félicitons également Asif Ali Zardari», le veuf de Mme Bhutto et dirigeant de fait du PPP, a ajouté Tariq Azeem.

Signe majeur du recul de la PML-Q, son président Chaudhry Shujaat Hussain, a perdu sa circonscription dans la province du Pendjab, la plus peuplée et clé du pouvoir, a reconnu un haut responsable du parti, sous couvert de l'anonymat.
Nawaz Sharif, deux fois Premier ministre, de 1990 à 1993 et de 1996 à 1999, a été évincé du pouvoir par le putsch du général Musharraf le 12 octobre 1999. Il est rentré de sept années d'exil en novembre dernier.