Kosovo: une indépendance souhaitée de longue date

Emilie Gavoille

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Après neuf ans d'administration onusienne et plusieurs tentatives infructueuses, le Kosovo a pris son indépendance et fait sécession de la Serbie, dimanche. Retour sur l'histoire récente de la province.

2008:

18 février:
les Etats-Unis, l'Italie, la Grande-Bretagne reconnaissent officiellement l'indépendance de l'Etat kosovar. La France annonce qu'elle va le reconnaître.

17 février: le Kosovo s'autoproclame «Etat indépendant, souverain et historique» et fait sécession de la Serbie. Inquiétude de la minorité serbe (100.000 à 120.000 personnes).

2007:
28 novembre:
les négociations sur le statut du Kosovo entamées en 2006 avec le parrainage de l'ONU se soldent par un échec. 

17 novembre:
Hashim Thaçi, l'ancien chef de l'UCK, devient premier  ministre du Kosovo.

2006:

11 mars: Slobodan Milosevic meurt en détention sans avoir été jugé.

 2002 :
12 février:
début du procès de Milosevic devant le TPI de la Haye.

 2000:
5-6 octobre:
Milosevic est destitué. Vojislav Kostunica prend le pouvoir en Serbie.

1999:
21 septembre:
L'UCK dépose officiellement les armes.

10 juin: Les bombardements cessent, après 78 jours. La veille, les forces serbes ont accepté de se retirer militairement du Kosovo. L'OTAN déploie 50.000 hommes au sein de la KFOR, force d'intervention militaire.
Entre mars et juin, 800.000 Kosovars albanophones se sont réfugiés en Albanie et en Macédoine. Une partie d'entre eux revient, provoquant le départ d'environ 200.000 Serbes qui craignent des représailles. La minorité serbe se concentre au nord de la province. 
L'ONU (résolution 1244) installe la Minuk, mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo, pour rétablir la paix, administrer provisoirement la province et mettre en place des institutions autonomes.

28 mai:
  Slobodan Milosevic est inculpé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international (TPI).

24 mars:
la  guerre du Kosovo commence officiellement. L'Otan bombarde massivement la province. La communauté albanophone du Kosovo, chassée par les Serbes, fuit le pays.

6-23 février:
  Une conférence a lieu à Rambouillet pour  trouver un accord entre Serbes et Albanais du Kosovo. Les deux parties se séparent sans être parvenues à un compromis. 

1998:
23 octobre:  Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise l'Otan à prendre des mesures pour contraindre le gouvernement serbe et protéger la population albanophone du Kosovo.

1 octobre: Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne les exactions serbes au Kosovo.

22 mars: Pour montrer leur opposition au pouvoir serbe, les Kosovars élisent un gouvernement clandestin. Le leader modéré Ibrahim Rugova devient Premier ministre de la République du Kosovo.
 
1996:

Décembre: L'opposition  remporte la majorité des grandes villes de Serbie dont Belgrade, au cours d' élections municipales. Slobodan Milosevic, président de la République fédérale de Yougoslavie annule les résultats.

Février: l'UÇK (Armée de Libération du Kosovo) revendique ses premiers attentats contre la police serbe. La guérilla kosovare, constituée en toute clandestinité en 1995, a pour but de lutter contre l'oppression serbe. Au cours des mois qui suivent, la violence s'intensifie.

1995:
21 novembre:
  conclusion des accords de Dayton, qui mettent fin au conflit en ex-Yougoslavie. La Bosnie, principal théâtre des conflits, est divisée en deux états, la République serbe de Bosnie d'une part, la Fédération de Bosnie-Herzégovine d'autre part. Ces accords mettent fin à 3 ans et demie de guerre meurtrière dans l'ancienne Yougoslavie, mais le statut du Kosovo n'est pas évoqué.

1989:
Suite à une vague d'émeutes et de grèves, Slobodan Milosevic, arrivé au pouvoir en 1987, abolit l'autonomie du Kosovo accordée par Tito en 1974. Au Champ des Merles, théâtre d'une bataille fondatrice de l'histoire serbe, il se fend d'un discours très nationaliste et rappelle que le Kosovo est le berceau de la nation serbe. Une forme d'apartheid de la population albanophone commence.