Brexit: Theresa May veut débloquer les négociations à Florence

DIPLOMATIE Dans un discours qu’elle doit prononcer vendredi, la Première ministre britannique va tenter de rassurer les partenaires européens…

20 Minutes avec AFP

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Theresa May va adresser un message à ses homologues européens vendredi 22 septembre 2017 à Florence pour tenter de relancer le Brexit.
Theresa May va adresser un message à ses homologues européens vendredi 22 septembre 2017 à Florence pour tenter de relancer le Brexit. — SIPA
  • La première ministre britannique va exposer à Florence « sa vision pour un nouveau partenariat audacieux en matière économique et de sécurité ».
  • Elle devrait demander une période de transition après la sortie de l’UE le 29 mars 2019, pendant laquelle le Royaume-Uni continuerait de faire affaire librement avec le bloc européen.
  • Mais il sera certainement difficile de se mettre d’accord sur la facture de la sortie du Grande-Bretagne de l’UE.

Sortir de l’impasse avec Bruxelles ? La Première ministre britannique  Theresa May va tenter vendredi de débloquer les négociations sur le Brexit en donnant des gages aux Européens sur la facture de sortie et les droits des citoyens, dans un discours prononcé à Florence en Italie.

« Si le départ du Royaume-Uni de l’UE est un processus inévitablement difficile, il est dans notre intérêt à tous que nos négociations soient un succès », doit dire Theresa May, selon des extraits de son discours diffusés à l’avance. « Nous pouvons être optimistes pour l’avenir que nous pouvons construire pour le Royaume-Uni et pour l’Union européenne », doit-elle ajouter.

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Une période de transition ?

Selon Downing Street, Theresa May va également exposer « sa vision pour un nouveau partenariat audacieux en matière économique et de sécurité » et ses plans « pour une période de mise en œuvre limitée dans le temps, offrant certitude et clarté aux entreprises et aux citoyens ». En d’autres termes, elle va réclamer une période de transition après la sortie de l’UE le 29 mars 2019, pendant laquelle le Royaume-Uni continuerait de faire affaire librement avec le bloc européen, le temps de tomber d’accord sur un nouveau partenariat.

Cette proposition était réclamée par son ministre des Finances Philip Hammond et les milieux d’affaires, inquiets d’une sortie sans filet de l’UE. Sur le point central du coût du divorce, Theresa May devrait proposer de verser 20 milliards d’euros pour solder les engagements pris dans le cadre du budget européen en cours, dont l’exercice s’achève en 2020, selon les médias britanniques.

« Pure spéculation », a affirmé Downing Street. Mais selon une source gouvernementale citée par la BBC, la Première ministre devrait soumettre une offre chiffrée « ouverte et généreuse ».

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Des « engagements clairs » pour avancer vers un accord de sortie

Alors que Theresa May doit appeler l’UE à faire montre « d’imagination et de créativité », le négociateur en chef de l’UE Michel Barnier lui a signifié jeudi qu’il attendait des « engagements clairs » pour avancer vers un accord de sortie, préalable pour Bruxelles à toute négociation d’un partenariat commercial futur.

Michel Barnier, qui s’exprimait à Rome, a estimé qu’un « accord rapide » était encore « possible » mais que le Royaume-Uni devait « mettre sur la table des propositions qui permettent de lever les blocages dès la semaine prochaine », le 4ème rendez-vous entre négociateurs britanniques et européens démarrant lundi.

Une facture de sortie très élevée

Outre la facture de sortie -évaluée entre 60 et 100 milliards d’euros par les Européens en tenant compte de tous les projets pour lesquels Londres s’est engagé- Michel Barnier attend des avancées sur la question des droits des citoyens européens et de la frontière irlandaise. Selon le Financial Times, Theresa May pourrait proposer de garantir le statut des citoyens européens présents au Royaume-Uni dans l’accord de sortie, ce qui empêchera toute tentative de modification ultérieure par les législateurs britanniques.

Mais bien qu’à l’affût, les responsables européens ne se font pas trop d’illusions non plus quant à la possibilité de voir son discours faire faire un bond en avant aux discussions. Son ministre des Transports Chris Grayling a déjà averti qu’il n’offrirait pas de « détails précis », sur la radio BBC vendredi matin.

« Poser les principes d’une future relation »

« Ce qu’elle va faire aujourd’hui, c’est poser les principes d’une future relation. Elle va parler de comment faire avancer les négociations », a-t-il dit. Affaiblie sur le plan intérieur après son échec aux législatives de juin, Theresa May ne veut pas brusquer les Britanniques qui ont voté pour le Brexit afin de « reprendre le contrôle » de leur pays ni se mettre à dos les eurosceptique de son Parti conservateur à quelques jours de leur congrès annuel qui s’ouvre le 1er octobre.

Elle doit aussi contenir ses ministres pro-Brexit, en particulier le bouillonnant Boris Johnson, chef de la diplomatie, qui a provoqué une mini-tempête en réclamant la semaine dernière une rupture franche avec l’UE.