Des premiers pas difficiles pour le Kosovo indépendant

INDEPENDANCE La justice serbe veut poursuivre les dirigeants kosovars

E.G. (avec agence)

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Le Kosovo a proclamé dimanche son indépendance, rêve de plusieurs générations d'Albanais de la province, mais catégoriquement rejetée par Belgrade, avec le soutien de la Russie qui réclame son annulation, et par les Serbes du Kosovo qui menacent de faire sécession.
Le Kosovo a proclamé dimanche son indépendance, rêve de plusieurs générations d'Albanais de la province, mais catégoriquement rejetée par Belgrade, avec le soutien de la Russie qui réclame son annulation, et par les Serbes du Kosovo qui menacent de faire sécession. — Dimitar Dilkoff AFP

Le Kosovo vit ses premières heures d'indépendance dans un calme relatif, en dépit de l'incident intervenu dimanche à Mitrovica, dans le nord de la région. Dans la soirée, quatre grenades ont été lancées contre un bureau de l'Union européenne et contre un tribunal; seule une grenade a finalement explosé, sans faire de victime. Une autre explosion, qui visait également des intérêts européens, avait eu lieu jeudi quasiment au même endroit.

Mitrovica, située à proximité de la frontière serbe, est la pomme de discorde entre communautés serbes et albanophones qui se partagent la ville. Les Serbes du Kosovo, qui comptent pour environ 10% de la population totale de la province sont hostiles à l'indépendance et refusent le détachement de la Serbie.

Le Kosovo en quête de reconnaissance


Après s'être déclaré indépendant, le Kosovo doit obtenir la reconnaissance de la communauté internationale. Les ministres européens des Affaires étrangères sont réunis lundi à Bruxelles pour adopter une position commune. Le consensus ne sera pas simple à trouver, en raison de la frilosité d'un certain nombre d'états-membres.

La Serbie, de son côté, continue de rejeter l'indépendance kosovare. Depuis dimanche, Belgrade multiplie les démarches pour faire invalider l'indépendance de la province et compte bien montrer qu'elle n'a pas dit son dernier mot. La justice serbe a décidé lundi de poursuivre les dirigeants kosovars pour avoir «organisé la proclamation d'un faux état sur le territoire serbe».

Les autorités ont par ailleurs fait savoir qu'elle utiliserait «tous les moyens diplomatiques» existants pour empêcher la reconnaissance de l'état kosovar par les Nations Unies et l'Union Européenne.

Belgrade sait qu'elle peut compter sur le soutien de Moscou. Vladimir Poutine a pour sa part rappelé qu'il n'hésiterait pas à user de son droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU pour marquer son rejet d'un Kosovo indépendant.