Législatives en Allemagne: Angela Merkel bien partie pour rempiler pour quatre ans

POLITIQUE La CDU-CSU d’Angela Merkel est donnée favorite des élections législatives qui vont se tenir ce dimanche en Allemagne…

Vincent Vantighem

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La CDU-CSU d'Angela Merkel est donnée comme la favorite des élections législatives qui vont se tenir le 24 septembre en Allemagne.
La CDU-CSU d'Angela Merkel est donnée comme la favorite des élections législatives qui vont se tenir le 24 septembre en Allemagne. — TOBIAS SCHWARZ / AFP
  • Au pouvoir depuis 2005, Angela Merkel devrait rester à la tête de l’Allemagne.
  • Elle devra, sans doute, former une coalition avec les libéraux ou les sociaux-démocrates.
  • Pour la première fois depuis 1949, l’extrême droite devrait faire son entrée au Parlement.

La politique allemande est un sport qui se joue entre six partis. Et à la fin, c’est Angela Merkel qui gagne. Au pouvoir depuis 2005, la chancelière (CDU-CSU, conservatrice) est donnée comme la favorite des élections législatives qui vont se tenir, dimanche, outre-Rhin. Publiée mardi, la dernière enquête de l’institut Insa crédite la CDU-CSU de 36 % d’intentions de vote, loin devant les sociaux-démocrates (SPD) de Martin Schulz (22 %).

Adepte de la randonnée et de la soupe à la patate, Angela Merkel apparaît, aux yeux des Allemands, d’autant plus rassurante que le contexte international est actuellement tendu. « Les électeurs ont le sentiment que les choses vont relativement bien chez eux, analyse Hélène Miard-Delacroix, professeure d’Histoire et spécialiste de l’Allemagne contemporaine à l’université Paris IV – La Sorbonne. Quand ils se comparent avec leurs voisins, notamment sur le plan économique, ils se disent qu’il vaut mieux ne pas prendre de risques… »

Libéraux ? Verts ? Sociaux-démocrates ? Avec qui Merkel va gouverner ?

Principal adversaire de la chancelière, Martin Schulz, le leader du SPD, apparaît lui-même résigné, à deux jours du scrutin. Comme si les dés étaient déjà jetés, il a indiqué qu’il se représenterait à la tête de son parti en cas de défaite. Avant cette échéance interne, il devrait toutefois être appelé à la table des négociations gouvernementales.

La CDU-CSU ayant peu de chances d’obtenir 50 % des voix dimanche, Angela Merkel devra sans doute négocier pour former une coalition et enchaîner un quatrième mandat consécutif à la tête du pays. Outre donc les sociaux-démocrates du SPD, les libéraux du FDP ou même les Verts pourraient y participer, en fonction de leur score dimanche.

Pour la première fois depuis 1949, l’extrême droite va entrer au Parlement

Surnommée « Mutti » (la maman en allemand), Angela Merkel a, de son côté, déjà exclu de gouverner avec la gauche radicale (Die Linke) et surtout avec l’extrême droite (Afd) qui pourrait faire une grosse percée, à l’occasion de ces législatives.

« Certains sondages donnent l’Afd en troisième position avec 10 à 12 % des intentions de vote, explique Hélène Miard-Delacroix. Pour la première fois depuis la création de l’Allemagne fédérale en 1949, un parti adepte de l’idéologie raciste et excluante va faire son entrée au parlement. »

L’impact de la politique migratoire sur le scrutin

Cette montée de l’extrême droite n’est pas sans rapport avec la politique migratoire mise en place par Angela Merkel qui a permis à plus d’un million de réfugiés d’intégrer l’Allemagne ces derniers mois. En position de force, la chancelière s’est d’ailleurs bien gardée de revenir sur ce sujet lors de la campagne tout comme elle a refusé de participer à un second débat télévisé avec Martin Schulz.

>> La politique migratoire de Merkel sous le feu des critiques

Son image parle suffisamment pour elle. « En faisant ses courses elle-même au supermarché, elle apparaît comme assez proche de tous les Allemands et, dans le même temps, elle montre une figure inébranlable capable de résister à Donald Trump ou Vladimir Poutine », décrypte Hélène Miard-Delacroix. Des dirigeants qu’Angela Merkel devrait donc encore côtoyer quatre années de plus.