«L'Europe joue gros» dans l'indépendance du Kosovo

REVUE DE PRESSE Les éditorialistes français étaient partagés ce lundi matin sur...

C. F. (avec agence)

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Les pays européens espèrent sauver les apparences lundi en adoptant une déclaration commune sur le Kosovo, malgré le refus d'une partie d'entre eux de reconnaître l'indépendance proclamée dimanche par le parlement kosovar;
Les pays européens espèrent sauver les apparences lundi en adoptant une déclaration commune sur le Kosovo, malgré le refus d'une partie d'entre eux de reconnaître l'indépendance proclamée dimanche par le parlement kosovar; — Dimitar Dilkoff DDFP

L'indépendance du Kosovo suscite ce lundi une double inquiétude chez de nombreux éditorialistes de la presse quotidienne: l'Europe y joue sa crédibilité pensent les uns, quand d'autres y voient un danger de renforcement des séparatismes.

«Deux poids deux mesures»

«C'est bien le dépeçage d'un Etat souverain qui vient de se produire», écrit ainsi Patrick Fluckiger dans «L'Alsace» ou bien encore «l'acte ultime du démantèlement de la Yougoslavie de Tito», pour Joseph Limagne dans «Ouest-France».

«Libération» résume bien la double crainte qui revient dans nombre d'éditoriaux: «Quelle solution pérenne l’Union européenne peut-elle assurer» aux Kosovars, écrit François Sergent qui souligne aussi que «l’Europe crée aussi un précédent (car) Flamands, Catalans, Basques, Corses auront beau jeu de dénoncer le deux poids deux mesures».

Un avis partagé par Bruno Fanucchi dans «Le Parisien». «En proclamant hier l'indépendance dont ils rêvaient depuis si longtemps, Hashim Taçi, l'ancien chef de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) (...) et ses amis kosovars ont en réalité ouvert la boîte de Pandore avec un double risque: celui de remettre le feu aux poudres dans les Balkans et celui de démultiplier les revendications séparatistes de par le monde.»

Pierre Rousselin, dans «Le Figaro», se veut plus optimiste. «Les divergences (européennes) si fondamentales soient-elles, ont été contrôlées», estime-t-il. «L'Europe joue gros» ajoute-t-il; «L'heure est venue pour elle de montrer enfin sa capacité à stabiliser les Balkans» et «si elle n'y parvient pas elle ne pourra pas se faire respecter».

Dans «Les Dernières Nouvelles d'Alsace», Jean-Claude Kiefer regrette qu'«une fois de plus, les Etats-Unis (...) auront marqué la destinée d’une population européenne» alors que «les Européens sont incapables de décider, encore moins de se décider».

«Bruxelles a la clé»

Michel Vagner, dans «L'Est Républicain», pense aussi que «la proclamation unilatérale d'hier ne règle rien». Frank De Bondt estime pour sa part dans «Sud-Ouest» que «Belgrade ne se laissera pas plumer sans résistance». «La perte du Kosovo exige une réparation dont Bruxelles a la clé», ajoute-t-il. «Les 27 devront multiplier les ouvertures européennes vers la Serbie», conclut Xavier Panon dans «La Montagne».