Le nouveau départ kosovar

INDEPENDANCE Le monde compte un Etat de plus...

Armelle Le Goff

— 

Les pays européens espèrent sauver les apparences lundi en adoptant une déclaration commune sur le Kosovo, malgré le refus d'une partie d'entre eux de reconnaître l'indépendance proclamée dimanche par le parlement kosovar;
Les pays européens espèrent sauver les apparences lundi en adoptant une déclaration commune sur le Kosovo, malgré le refus d'une partie d'entre eux de reconnaître l'indépendance proclamée dimanche par le parlement kosovar; — Dimitar Dilkoff DDFP

Depuis ce dimanche, le monde compte un Etat de plus. A 15h51, heure de Paris, le parlement du Kosovo a proclamé son indépendance. Une annonce saluée à Pristina, la capitale, par des cris de joie et un concert d'avertisseurs. En revanche, Belgrade, la capitale serbe, a immédiatement rejeté la proclamation. Histoire et caractéristiques de cette ancienne province serbe d'un peu plus de 10.000 km2 (soit la taille du département de la Gironde).

Albanophone à 90%

Bordé au sud par la Macédoine et l'Albanie, et à l'ouest par le Monténégro, le Kosovo compte 2 millions d'habitants, à 90% albanophones et musulmans. Mais entre 100.000 et 120.000 Serbes, de confession orthodoxe, vivent toujours dans la province, surtout au nord, entre Mitrovica et la frontière serbe. Pour eux, la séparation du Kosovo avec la Serbie est source d'inquiétudes. En 2004, des émeutes anti-serbes ont fait 19 morts et 900 blessés. Tournée vers Belgrade plutôt que Pristina, la communauté serbe du Kosovo n'exclut d'ailleurs pas de faire sécession dans les endroits où elle est majoritaire.

Une histoire serbe

Le Kosovo fut autrefois le siège de l'empire médiéval serbe, ce qui explique l'attachement des Serbes à la province. Pourtant, cela fait plus de huit ans que la Serbie n'y exerce plus de contrôle. Entre 1998 et 1999, le conflit entre les forces de Slobodan Milosevic et les séparatistes albanais de l'UCK avaient en effet conduit l'Otan à intervenir, en bombardant l'armée serbe. L'ONU a ensuite administré la zone. Aujourd'hui, c'est l'Union européenne qui prend la relève, en envoyant 2.000 policiers et juristes, chargés d'accompagner l'indépendance.

Le soutien de l'UE

La France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie devraient officiellement reconnaître le Kosovo, à l'unisson des Etats-Unis. Mais certains Etats de l'Union européenne, notamment l'Espagne, la Grèce ou la Roumanie, aux prises avec des mouvements séparatistes, voient en revanche d'un mauvais oeil l'envol kosovar. Autre adversaire du nouveau pays, la Russie, qui s'est opposée jusqu'au bout à une résolution de l'ONU balisant l'indépendance. Hier, Moscou a d'ailleurs exigé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

De son côté, malgré les dissensions, Bruxelles s'est engagé à soutenir économiquement le nouveau micro-Etat, où le taux de chômage touche, selon les estimations, 45% de la population.