Venezuela: L'ONU souhaite une enquête sur de possibles crimes contre l'humanité

POLITIQUE «Il y a un risque réel que les tensions augmentent encore, le gouvernement écrasant les institutions démocratiques et les voix critiques», estime le Haut-Commissaire de l’ONU…

20 Minutes avec AFP

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L'opposition vénézuélienne a organisé une manifestation pacifique à Caracas le 30 août 2017
L'opposition vénézuélienne a organisé une manifestation pacifique à Caracas le 30 août 2017 — FEDERICO PARRA / AFP

L’usage excessif de la force par les autorités au Venezuela s’apparente-t-il à des crimes contre l’humanité ? Le Haut-Commissaire de l’ ONU aux droits de l’homme a demandé ce lundi une enquête internationale sur cette possibilité.

Le Venezuela, en proie à une grave crise économique marquée par des pénuries de produits de première nécessité, est le théâtre de manifestations depuis avril contre le président Maduro qui ont fait près de 130 morts.

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« Mon enquête suggère la possibilité que des crimes contre l’humanité aient été commis (…). J’exhorte le Conseil (des droits de l’Homme de l’ONU) à lancer une enquête internationale sur les violations des droits de l’homme au Venezuela », a affirmé Zeid Ra’ad Al Hussein, à l’ouverture, à Genève, de la 36e session de cette institution.

« Un risque réel que les tensions augmentent encore »

« Il y a un risque réel que les tensions augmentent encore, le gouvernement écrasant les institutions démocratiques et les voix critiques », a-t-il ajouté, dénonçant les procédures pénales engagées contre des dirigeants de l’opposition, les détentions arbitraires, l’usage excessif de la force et le mauvais traitement des détenus.

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Zeid Ra’ad Al Hussein a également souligné que le Venezuela est actuellement l’un des 47 Etats membres du Conseil des droits de l’Homme et, à ce titre, il a le devoir de défendre et promouvoir les droits de l’homme. Ce n’est pas la première fois que le Haut-Commissaire s’en prend au Venezuela. Fin août, il avait jugé, à l’occasion de la publication à Genève d’un rapport accablant sur la situation des droits de l’homme, que la démocratie était en danger de mort dans ce pays.

« Instiller la peur parmi la population »

Il avait alors reconnu qu’il y avait eu au Venezuela « une érosion de la vie démocratique » qui « doit être à peine vivante, si elle est encore en vie ». Dans le rapport, les experts de l’ONU ont dénoncé « une volonté politique de réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population, afin de mettre un terme aux protestations ».

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Les autorités vénézuéliennes ayant refusé l’accès au pays aux enquêteurs de l’ONU, Zeid Ra’ad Al Hussein avait chargé une équipe de spécialistes des droits de l’homme d’interviewer à distance quelque 135 victimes et leurs familles, ainsi que des témoins, des journalistes, des avocats, des médecins, et des membres du Bureau de la procureure générale.