Corée du Nord: Le Premier ministre nippon veut renforcer l'arsenal de défense japonais

JAPON Shinzo Abe, connu comme le chantre d’une extension des prérogatives militaires de l’archipel, estime également «inévitable un renforcement de l’alliance nippo-américaine»…

M.C. avec AFP
— 
Le Premier ministre japonais passe en revue la garde d'honneur des Forces d'autodéfense japonaise, à Tokyo le 11 septembre 2017.
Le Premier ministre japonais passe en revue la garde d'honneur des Forces d'autodéfense japonaise, à Tokyo le 11 septembre 2017. — Kazuhiro NOGI / AFP

Il veut prendre « toutes les mesures appropriées » face à la menace nord-coréenne. Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, s’est prononcé lundi à Tokyo pour un renforcement des moyens de défense du pays, alors que des experts estiment que la menace directe contre le Japon n’a pas augmenté de manière significative.

Le chef du gouvernement s’est exprimé devant des gradés des Forces d’autodéfense japonaises, à quelques heures de discussions au sein du Conseil de sécurité des Nations unies sur de nouvelles sanctions plus sévères envers Pyongyang.

>> A lire aussi : Trump autorise le Japon et la Corée à acheter des armes américaines «ultra sophistiquées»

« Personne d’autre ne vous défendra si vous n’avez pas vous-mêmes la volonté de vous défendre », a déclaré Shinzo Abe, ajoutant : « Nous allons prendre toutes les mesures appropriées face [aux incidents comme] le tir d’un missile au-dessus du Japon ». Le Premier ministre nippon a en outre demandé à son ministre de la Défense, Itsunori Onodera, de préparer un projet de stratégie de défense à moyen terme.

« La Corée du Nord ne considère pas le Japon comme un ennemi »

Shinzo Abe, connu pour être depuis longtemps le chantre d’une extension des moyens et prérogatives militaires de l’archipel, estime également « inévitable un renforcement de l’alliance nippo-américaine » pour assurer la sécurité de la région. « Nous devons dissuader la Corée du Nord de réitérer les actes de provocation », a-t-il argué, faisant notamment allusion aux exercices armés conjoints entre le Japon et les Etats-Unis.

>> A lire aussi : La Corée du Nord appelle la France à abandonner ses armes nucléaires

Narushige Michishita, professeur de relations internationales au Collège doctoral de recherche politique, à Tokyo, estime de son côté que le régime de Kim Jong-un n'a pas de raison d'attaquer directement l'archipel nippon. « La Corée du Nord ne considère pas le Japon comme un ennemi, à moins que Tokyo ne vienne en aide à la Corée du Sud » [dans le scénario d’une nouvelle guerre de Corée]. Pyongyang veut plutôt « normaliser ses relations avec le Japon », juge-t-il dans le Japan Times.

Un embargo « progressif » sur le pétrole

Les Etats-Unis ont diffusé dimanche soir à leurs 14 partenaires du Conseil de sécurité de l’ONU un texte remanié sur un huitième train de sanctions sévères contre la Corée du Nord. Ce projet de résolution est censé être désormais définitif jusqu’à une mise au vote voulue lundi après-midi par les Etats-Unis.

Selon des diplomates, il prévoit un embargo « progressif » sur le pétrole destiné à Pyongyang et non plus un embargo total et immédiat comme le prévoyait le premier projet des Etats-Unis diffusé mercredi. Il comprend aussi une interdiction pour les Etats membres des Nations unies d’importer le textile nord-coréen comme le voulait à l’origine Washington.