Quand YouTube ferme une chaîne de propagande nord-coréenne

CENSURE La plateforme de partage de vidéos a annoncé que le compte Uriminzokkiri violait les règles communautaires...

L.Gam. avec AFP
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Cette capture d'écran faite le 21 août 2017 sur la chaîne YouTube Uriminzokkiri montre les fils de Joseph Dresnok. Cette chaîne a donc été fermée ce samedi.
Cette capture d'écran faite le 21 août 2017 sur la chaîne YouTube Uriminzokkiri montre les fils de Joseph Dresnok. Cette chaîne a donc été fermée ce samedi. — AFP

Drôle de coïncidence. Au moment où les Etats-Unis appellent à un durcissement des sanctions contre Pyongyang pour ses essais de missiles et de bombes atomiques, YouTube a décidé de fermer un compte de propagande exploité par le gouvernement de Corée du Nord, baptisé Uriminzokkiri.

Cette chaîne diffusait régulièrement des images à la gloire du dirigeant Kim Jong-un et des programmes militaires nord-coréens. Elle a été fermée pour « violation des règles communautaires de YouTube », a expliqué samedi la plateforme de partage de vidéos.

De la propagande avérée

En août, Uriminzokkiri avait reproduit des images vidéo des deux fils de James Joseph Dresnok, Ted et James, affirmant que leur père - un soldat américain qui avait fait défection en Corée du Nord il y a plus de cinquante ans - était mort l’an dernier en clamant sa loyauté au « grand leader Kim Jong-un ».

Et en juillet, la chaîne avait mis en ligne une vidéo montrant Lim Ji-hyun, une transfuge nord-coréenne d’une vingtaine d’années passée en Corée du Sud en 2014 avant de retourner, apparemment, en Corée du Nord, dénonçant « l’enfer » du capitalisme sud-coréen.

Une violation des sanctions décrétées par les Etats-Unis ?

YouTube ne donne jamais les raisons pour lesquelles un compte est fermé d’office. Les revenus publicitaires générés par Uriminzokkiri pour YouTube pourraient toutefois constituer une violation des sanctions décrétées par les Etats-Unis contre la Corée du Nord.

Les experts et les médias se servent régulièrement des images de tirs de missiles et de visites d’usines par Kim Jong-un diffusées sur YouTube par le régime nord-coréen pour essayer de deviner l’état d’avancement des programmes militaires de Pyongyang. « Surveiller et reconstituer numériquement des événements va devenir plus difficile si ces comptes sont fermés », a commenté sur la chaîne NK News Scott Lafoy, un analyste d’images satellite basé à Washington.

Plusieurs autres chaînes de propagande nord-coréennes avaient déjà été fermées par YouTube l’an dernier.