L'opposant Patarkatsichvili est mort "de causes naturelles"

GEORGIE La police britannique a communiqué les premiers résultats de l'autopsie.

Avec agence

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L'oligarque géorgien Badri Patarkatsichvili, farouche opposant au président pro-occidental Mikheïl Saakachvili, est décédé à 52 ans mardi soir dans sa maison au sud de Londres, dans des circonstances jugées "suspectes" par la police britannique.
L'oligarque géorgien Badri Patarkatsichvili, farouche opposant au président pro-occidental Mikheïl Saakachvili, est décédé à 52 ans mardi soir dans sa maison au sud de Londres, dans des circonstances jugées "suspectes" par la police britannique. — Zviad Nikolaishvili AFP/archives

L'oligarque géorgien Badri Patarkatsichvili, retrouvé mort dans sa maison près de Londres mardi soir, est décédé de «causes naturelles», selon les premiers résultats de l'autopsie annoncés jeudi par la police britannique.

«Suite aux premiers éléments de l'enquête et à l'autopsie pratiquée mercredi, la police du Surrey confirme qu'à ce stade rien n'indique que la mort soudaine de Badri Patarkatsishvili ait été provoquée par autre chose que des causes naturelles», a indiqué une porte-parole dans un communiqué.

Des tests toxicologiques approfondis doivent encore être menés et devraient prendre plusieurs semaines.


Opposant farouche au président Sakachvili

L'homme d'affaires géorgien, 52 ans, farouche opposant au président pro-occidental Mikheïl Saakachvili, avait été retrouvé mort dans sa propriété de Leatherhead, au sud de Londres.

Comme pour toute mort soudaine, elle a été «traitée comme suspecte» par la police.

La famille de l'homme d'affaires, considéré comme ayant été la plus grande fortune de Géorgie, avait estimé mercredi qu'il avait été victime d'une crise cardiaque survenue dans sa propriété, évaluée à quelque 10 millions de livres (13,5 millions d'euros), abritée derrière de hauts murs en briques.

Dès mercredi soir, les premiers éléments de l'enquête avaient permis d'écarter a priori la thèse d'un empoisonnement par une substance radioactive, comme le polonium qui avait provoqué la mort de l'ex-agent russe réfugié à Londres Alexandre Litvinenko, en 2006.


«Nuelle part en sécurité»

En décembre dernier, l'oligarque géorgien avait confié à l'hebdomadaire britannique «Sunday Times» qu'il disposait de 120 gardes du corps mais ne se sentait nulle part en sécurité. Il avait affirmé avoir en sa possession des enregistrements d'un responsable géorgien de l'Intérieur demandant son élimination.

Badri Patarkatsichvili s'était résolument opposé au président géorgien pro-occidental Mikheïl Saakachvili, après l'avoir soutenu dans un premier temps, au moment de son arrivée au pouvoir. Il était derrière les manifestations de novembre 2007 contre le pouvoir qui avaient conduit à neuf jours d'état d'urgence et à une présidentielle anticipée. Le président Saakachvili avait été réélu en janvier avec 53% des voix au terme d'un scrutin contesté par l'opposition. Badri Patarkatsichvili avait eu 7% des suffrages.

Ses relations avec le pouvoir étaient des plus tendues. Le Parquet général géorgien l'a accusé d'avoir voulu renverser le gouvernement et a accusé l'un de ses proches collaborateurs d'avoir projeté de renverser le président sortant s'il était réélu.