La France et l’Allemagne dénoncent une «stratégie d'intimidation» de la Russie

OTAN Les ministres de la Défense française et allemande réagissent aux prochaines manœuvres militaires russes près de la frontière lituanienne…

20 Minutes avec AFP

— 

Florence Parly, ministre de la Défense française, en Estonie le 7 septembre 2017.
Florence Parly, ministre de la Défense française, en Estonie le 7 septembre 2017. — RAIGO PAJULA / AFP
  • La Russie prévoit des manœuvres militaires du 14 au 20 septembre en Biélorussie et dans l’enclave de Kaliningrad.
  • La ministre de la Défense Florence Parly a dénoncé l’opération, ainsi que son homologue allemande Ursula Von Der Leyen.
  • Moscou annonce la participation de 12.700 soldats russes et bélarusses.

Les ministres de la Défense allemande et française ont dénoncé jeudi à Tallinn (Estonie) les manœuvres russes Zapad-2017 (Ouest-2017 en russe) prévues la semaine prochaine aux frontières de l’Union européenne et de l’Otan. Elles doivent avoir lieu du 14 au 20 septembre en Biélorussie, au sud de la frontière lituanienne, et dans l’enclave russe de Kaliningrad.

Selon Paris, elles illustrent la « stratégie d’intimidation » de Moscou. « Il est indiscutable que nous voyons une démonstration de capacités et de pouvoir des Russes » à l’occasion de cet exercice, a souligné Ursula Von Der Leyen aux côtés de son homologue française Florence Parly, en marge d’une réunion de l’UE à Tallinn. « Celui qui douterait de cela […] n’a qu’à regarder le nombre élevé de forces qui participent à l’exercice Zapad : plus de cent mille », a-t-elle insisté.

>> A lire aussi : Ukraine: Paris et Berlin appellent Poutine et Porochenko à faire respecter le cessez-le-feu

« Nous sommes préoccupés par la nature et le manque de transparence de cet exercice »

C’est la première fois qu’une grande puissance de l’Otan prend à son compte l’estimation du nombre de participants jusqu’ici donnée par les pays baltes, parfois considérés comme alarmistes en raison de leur histoire difficile avec la Russie voisine. L’Otan a prévenu qu’elle surveillerait « de très près » ces manœuvres russes. Le traité fondateur de l’Otan prévoit qu’en cas d’agression contre un pays de l’Alliance, tous les autres membres voleront à son secours.

« Nous sommes préoccupés par la nature et le manque de transparence de cet exercice », s’est inquiété mercredi le Premier ministre estonien, Jüri Ratas, en recevant le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, à Tapa (nord), sur une base militaire où s’entraînent des troupes de l’Alliance.

12.700 soldats russes et bélarusses selon Moscou

Moscou affirme pour sa part que 12.700 soldats russes et bélarusses participent à cet exercice. La chef des Armées française, Florence Parly, a rappelé que l’Otan avait déployé quatre bataillons dans les pays baltes et en Pologne au printemps. Dans le cadre de ce programme, quelque 300 militaires français s’entraînent avec des soldats britanniques, danois et estoniens à Tapa.

« Nous montrons par notre présence, de façon également visible à tout agresseur potentiel, que le territoire des pays baltes et de la Pologne est bien couvert par la garantie de l’Alliance » atlantique, a précisé Florence Parly, qui doit se rendre jeudi après-midi à Tapa.