Le pape François entame un voyage pour la paix en Colombie

DIPLOMATIE Le souverain pontife présidera une messe et une prière pour la réconciliation d’un pays déchiré par un conflit armé de plus d’un demi-siècle...

20 Minutes avec AFP
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Le pape François est attendu en Colombie
Le pape François est attendu en Colombie — MATHIEU PATTIER/SIPA

Pardon, réconciliation après la guerre, service sacerdotal, dignité et droits humains sont au programme de l’allocution du pape qui s’adressera au monde depuis la Colombie, pays pour lequel il s'est envolé ce mercredi.

François le fera depuis des villes affectées par la violence, la pauvreté, les inégalités, où la prêtrise est un métier à risques, où des ultra-catholiques critiquent son pontificat.

Réconciliation

Marquée par la violence guérillera et paramilitaire, Villavicencio, à 70 km de Bogota, accueillera l’événement phare de cette visite de cinq jours.

Là, en présence de victimes et de leurs bourreaux repentis, le souverain pontife présidera une messe et une prière pour la réconciliation d’un pays déchiré par un conflit armé de plus d’un demi-siècle et qui a fait près de huit millions de victimes, entre morts, disparus et déplacés en Colombie.

Odeur de brebis

Avant même que le pape demande aux prêtres d’avoir une « odeur de brebis », pour leur proximité avec les fidèles, le père Juan Carlos Velasquez était plus souvent dans les rues que dans les églises de Medellin.

Ce prêtre partage le quotidien des « combos », bandes qui se disputent les quartiers de l’ancienne capitale mondiale du trafic de drogue, et auxquels il propose « une alternative de vie ».

« Je m’identifie au discours de l’homme. Depuis plus de 16 ans je fraie avec les gens », dit à propos de François ce curé qui est de ceux qui « écoutent le bas monde de Medellin », comme l’a décrit la presse.

Dignité

Il fut un temps où Lorenza Perez n’avait rien pour nourrir ses trois enfants. Elle vivait dans un bidonville, en fait une décharge de Carthagène des Indes, la perle coloniale des Caraïbes.

Elle se souvient des nuées de mouches et des lessives qu’elle faisait chez les riches, ou des fruits qu’elle vendait dans la rue pour subvenir aux besoins de sa famille.

Cinquante ans plus tard, elle travaille dans une cantine populaire aidée par l’Eglise. Elle cuisine et sert à manger à des enfants, des femmes enceintes ou allaitantes. « Celui qui peut, donne 300 pesos (dix cents), celui qui ne peut pas, mange quand même », dit-elle.

Lorenza Perez, 77 ans, est la leader noire de San Francisco, seul quartier pauvre que visitera le pape, un bidonville gangrené par les gangs et le trafic de drogue, à deux pas de l’aéroport où débarquent les touristes.

« Non grata »

Le pape arrive mercredi à Bogota et y reviendra dormir chaque soir. Mais il n’y est pas le bienvenu pour tout le monde : des catholiques intégristes jugent sa visite « non grata ».

Ces ultra-conservateurs voient François comme le chef d’un courant réformiste de l’Eglise qui, selon eux, contredit les Evangiles et l’autorité du Christ. Pour eux, c’est un marxiste, un franc-maçon voire un faux prophète.

« C’est un populiste de la foi, il veut contenter tout le monde », déplore l’ex-candidat présidentiel José Galat, 89 ans, qui depuis une chaîne de TV privée lance de dures accusations contre celui qu’il désigne seulement sous son nom civil, Jorge Mario Bergoglio.