Trump met fin au programme d'Obama protégeant les jeunes sans-papiers

ETATS-UNIS Le président américain donne toutefois une période de six mois au Congrès pour passer un texte législatif...

P.B. avec AFP

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Manifestation pour défendre les «dreamers» à New York, le 30 août 2017.
Manifestation pour défendre les «dreamers» à New York, le 30 août 2017. — Albin Lohr-Jones/SIPA

C’est la fin du rêve pour les « Dreamers ». Donald Trump a décidé mardi de mettre fin au programme mis en place par Barack Obama mettant des centaines de milliers de jeunes sans-papiers à l’abri d’une expulsion et leur permettant d’étudier et de travailler aux Etats-Unis. Le président américain précise toutefois que la disparition du décret de son prédécesseur sera « progressive », avec un délai de six mois donné au Congrès pour « agir et voter un projet de loi » réglant définitivement le sort d’environ 800.000 personnes âgées de 15 à 36 ans.

Trump n’écoute pas son « coeur »

Donald Trump avait promis de régler l’épineuse question « avec coeur », reconnaissant que la plupart des personnes concernées n’étaient pas responsables de la décision de leurs parents de venir illégalement aux Etats-Unis. Mais le président américain, qui avait fait campagne pour un nationalisme économique, veut donner « la priorité » aux travailleurs américains.

A compter de ce jour, aucune nouvelle demande ne sera examinée. Mais les personnes déjà approuvées pourront aller au bout de leur autorisation de travail de deux ans. En appelant le Congrès à légiférer, Donald Trump laisse la porte ouverte à un compromis. Mais alors que les républicains contrôlent les deux chambres du Congrès, il est peu probable que les élus votent en faveur d’un texte qui n’était déjà pas passé à l’époque, poussant Barack Obama à adopter un décret.

Obama s’insurge

Barack Obama est sorti de son habituelle réserve, dénonçant sur Facebook une décision « mauvaise et cruelle ». L’ancien président en a appelé au Congrès pour régulariser les dreamers, au nom du principe de la « décence élémentaire ». Les réactions se sont multipliées. Le Mexique a « déploré » cette annonce.. L’Eglise catholique américaine, elle a promis de « se battre » pour les Dreamers, du nom d’une réforme de l’immigration jamais votée au Congrès (le « dream act).

Une grande partie du monde des affaires, en particulier dans la Sillicon Valley, était vent debout contre une remise en cause de ce décret. Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a changé son profil avec une photo accompagnée d’un message simple : « Je soutiens Daca ». « 250 de mes collègues d’Apple sont des Dreamers. Je suis avec eux. Ils méritent notre respect et une solution digne des valeurs américaines », a tweeté dimanche Tim Cook, PDG d’Apple. Cette décision du 45e président des Etats-Unis pourrait également pousser son prédécesseur démocrate à donner de la voix.