Juan Camilo Restrepo (à gauche), le chef de la délégation gouvernementale colombienne, Maria Fernanda Espinosa,la ministre des Affaires étrangères équatoriennes, et Pablo Beltran, le négociateur de l'ELN, prennent la pose après l'annonce du cessez-le-feu, lundi 4 septembre à Quito (Equateur).
Juan Camilo Restrepo (à gauche), le chef de la délégation gouvernementale colombienne, Maria Fernanda Espinosa,la ministre des Affaires étrangères équatoriennes, et Pablo Beltran, le négociateur de l'ELN, prennent la pose après l'annonce du cessez-le-feu, lundi 4 septembre à Quito (Equateur). — ROLANDO ENRIQUEZ/EFE/SIPA

CONFLIT

Colombie: Après les Farc, l'ELN, dernière guérilla du pays, signe un cessez-le-feu

L'ELN, forte de 1.500 combattants, opérait depuis le milieu des années 1960...

La Colombie et l’ELN, dernière guérilla active du pays depuis l’accord de paix avec les Farc, ont annoncé lundi la conclusion d’un cessez-le-feu bilatéral temporaire. « Oui, cela a été possible ! Nous remercions toutes celles et tous ceux qui ont résolument appuyé les efforts pour parvenir à ce #CeseAlFuegoBilateral (Cessez-le-feu bilatéral) », a tweeté la délégation de l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste) depuis Quito ( Equateur), où se tiennent les négociations.

Le cessez-le-feu sera effectif à partir d’octobre pour une durée renouvelable d’un peu plus de trois mois, a déclaré dans la foulée le président Juan Manuel Santos, qui entend parvenir à une « paix complète » après l’accord historique signé il y a neuf mois avec la guérilla des Farc.

>> A lire aussi : Un nouvel accord de paix signé avec les Farc

L’arrêt des hostilités « entrera en vigueur le 1er octobre prochain. Il aura une durée initiale de 102 jours, c’est-à-dire jusqu’au 12 janvier prochain, et se renouvellera dans la mesure où il sera respecté, et si les négociations avancent sur les autres points », a précisé le chef de l’Etat dans une allocution télévisée depuis le palais présidentiel Casa de Nariño à Bogota. Il a ajouté que « durant cette période cesseront les enlèvements, les attentats contre les oléoducs et autres hostilités contre la population civile » de la part de l’ELN, guérilla inspirée de la révolution cubaine et des idées du Che Guevara.

Un mouvement de 1.500 combattants

Le cessez-le-feu a été conclu dans le cadre du 3e cycle des négociations de paix menées entre le gouvernement colombien et l’ELN, depuis le 7 février dans la capitale de l’Equateur voisin. Le gouvernement exigeait de cette guérilla, issue en 1964 d’une insurrection paysanne et qui compte encore quelque 1.500 combattants selon les autorités, qu’elle renonce aux enlèvements, aux attentats contre les infrastructures pétrolières, aux mines anti-personnel et au recrutement de mineurs.

>> A lire aussi : Après les Farc, la deuxième guérilla veut aussi faire la paix

L’ELN attendait pour sa part un engagement du gouvernement à assurer la sécurité des leaders d’associations et des défenseurs des droits humains, dont au moins 186 ont été assassinés entre janvier 2016 et juillet dernier, selon le Défenseur du Peuple (l’institution de défense des droits des citoyens en Colombie), la plupart par d’ex-paramilitaires d’extrême droite officiellement démobilisés il y a une dizaine d’années.

Le conflit colombien a, au fil des décennies, impliqué une trentaine de guérillas de gauche, des milices paramilitaires démobilisées en 2006 et les forces de l’ordre, faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et environ sept millions de déplacés internes.