Malala Yousafzai à Mexico, le 31 août 2017
Malala Yousafzai à Mexico, le 31 août 2017 — Carlos Tischler/Shutter/SIPA

CONFLIT

Birmanie: Malala Yousafzai dénonce le silence d'Aung San Suu Kyi sur les Rohingyas

« Je n’ai cessé de condamner le traitement honteux dont ils font l’objet. J’attends toujours de ma collègue prix Nobel Aung San Suu Kyi qu’elle en fasse de même », martèle la jeune femme…

La jeune prix Nobel de la paix Malala Yousafzai a critiqué ce lundi son homologue Aung San Suu Kyi pour sa gestion du drame de la minorité des musulmans rohingyas en Birmanie, prenant la tête des protestations internationales.

« Chaque fois que je regarde les informations, j’ai le cœur brisé face aux souffrances des musulmans rohingyas de Birmanie », écrit la jeune Pakistanaise sur son compte Twitter, suivi par près de 850.000 personnes.

Malala attend une réaction de « [s]a collègue prix Nobel »

« Ces dernières années, je n’ai cessé de condamner le traitement honteux dont ils font l’objet. J’attends toujours de ma collègue prix Nobel Aung San Suu Kyi qu’elle en fasse de même », dit la jeune femme qui s’apprête à devenir étudiante à Oxford, comme son homologue birmane quelques dizaines d’années plus tôt.

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Alors que les rebelles de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) assurent défendre les droits bafoués des Rohingyas, Aung San Suu Kyi est silencieuse, malgré un bilan d’au moins 400 morts.

Seul son service de presse distille depuis dix jours photos de membres des forces de l’ordre tués à l’arme blanche et commentaires acerbes contre les médias internationaux, accusés de ne pas désigner systématiquement les attaquants rohingyas comme des « terroristes ».

Plusieurs voix s’élèvent pour tenter de faire sortir Aung San Suu Kyi de sa réserve

Lundi, Aung San Suu Kyi a rencontré la chef de la diplomatie indonésienne, Retno Marsudi, envoyée pour tenter de faire pression sur la Birmanie. Seules quelques photos ont été diffusées, sans mention des dizaines de milliers de réfugiés ou des violences imputées à l’armée.

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Avant Malala et les responsables des pays musulmans de la région, plusieurs voix se sont élevées ces dernières semaines pour tenter de faire sortir Aung San Suu Kyi de sa réserve, en vain.

Une commission internationale dirigée par l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan avait appelé le 24 août, veille du début des hostilités, la Birmanie à donner plus de droits à sa minorité rohingya, faute de quoi elle risque de « se radicaliser ».

Fin novembre, ce sera au tour du pape François, ardent défenseur de la cause rohingya, de se rendre en Birmanie et de rencontrer Aung San Suu Kyi.