VIDEO. Corée du Nord: Un nouvel essai nucléaire électrise les relations internationales

TENSIONS La Corée du Nord a réalisé dimanche son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour, entraînant une salve de condamnations internationales…

A.-L.B.

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Un passant devant une  télévision et une carte montrant le lieu de l'explosion d'un essai nucléaire nord-coréen, le 3 septembre 2017 à Tokyo au Japon
Un passant devant une télévision et une carte montrant le lieu de l'explosion d'un essai nucléaire nord-coréen, le 3 septembre 2017 à Tokyo au Japon — Eugene Hoshiko/AP/SIPA

La péninsule coréenne gronde à nouveau. Le régime nord-coréen a revendiqué dimanche avoir mené avec succès un essai nucléaire avec l’explosion d’une bombe à hydrogène, dite bombe H. Cet essai, le sixième en onze ans, intervient après plusieurs tirs de missile balistique intercontinental au cours de l’été. L’explosion de la bombe a entraîné de nombreuses condamnations internationales, de la part notamment de la Chine, de la Corée du Sud, des Etats-Unis, du Japon ou de la France.

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Le président des Etats-Unis Donald Trump a estimé dimanche que toute politique d’« apaisement » ne « fonctionnera pas ». Le chef d’Etat a précisé que l’« Etat voyou » était « une grande menace et une source d’embarras pour la Chine », soutien du régime nord-coréen. Une déclaration dans la veine d’une précédente, en août, dans laquelle Donald Trump avait promis à Pyongyang « le feu et la fureur » après un tir de missile balistique intercontinental nord-coréen.

Promesse de nouvelles sanctions

Désormais, de nouvelles sanctions économiques sont à l’étude. Le président américain a affirmé sur Twitter qu’il envisageait d’arrêter « tous les échanges commerciaux » avec les pays entretenant des relations commerciales avec Pyongyang. Jusqu’à maintenant, les sanctions ne semblent jamais avoir dissuadé le régime nord-coréen de développer son programme pour se doter de missiles nucléaires pouvant frapper les Etats-Unis, son ennemi juré.

Après cet essai nucléaire, plusieurs scénarios sont probables, juge Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l’IRIS. « Pour le président des Etats-Unis, l’option militaire reste une option, avec des frappes chirurgicales sur la table », estime-t-il. Mais cette stratégie de l’escalade mènerait au chaos selon cet expert des questions de défense et questions stratégiques en Asie. « Cette option ouvrirait la boîte de Pandore. Le régime de Kim Jong-un pourrait alors lancer de nouvelles hostilités, les frappes étrangères lui conférant une légitimité auprès de son peuple ».

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Une sortie de crise est cependant possible, juge le chercheur Jean-Vincent Brisset. « Le développement du programme nucléaire par la Corée du Nord est, nous l’oublions souvent, réalisé largement pour des motivations intérieures. Kim Jong-un veut être perçu comme le protecteur de son peuple. La bombe nucléaire acquise, on peut imaginer une désescalade, le régime se disant : "Nous avons la bombe, personne ne nous attaquera désormais grâce à la dissuasion. Nous n’avons donc pas besoin d’aller plus loin" », estime le chercheur.

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence lundi, pour discuter de la réponse à apporter à l'annonce d'un nouveau test nucléaire mené par la Corée du Nord dimanche.