«Dreamers»: Trump tranchera mardi sur le sort des 800.000 jeunes sans-papiers

IMMIGRATION Le président américain est sous pression alors que des entreprises l'exhortent à ne pas annuler le programme instauré par Barack Obama...

20 Minutes avec AFP

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Manifestation pour défendre les «dreamers» à New York, le 30 août 2017.
Manifestation pour défendre les «dreamers» à New York, le 30 août 2017. — Albin Lohr-Jones/SIPA

Ils sont arrivés illégalement quand ils étaient enfants mais font partie intégrante de la société américaine. Donald Trump tranchera mardi sur le sort d’environ 800.000 « dreamers », qui bénéficient depuis 2012 d’un permis de travail temporaire accordé par un décret de Barack Obama. Et des dizaines d’entreprises ont publié une lettre exhortant le président américain à ne pas effacer ce programme emblématique d’un trait de plume.

« Nous aimons les Dreamers, nous aimons tout le monde », a déclaré vendredi Donald Trump depuis le Bureau ovale, sans pour autant donner d’indications sur sa décision à venir. Cet été, il avait promis de prendre une décision avec « le cœur ». Mais selon Politico, le président américain est « déchiré » entre la compassion qu’il ressent pour des personnes qui n’ont pas choisi de venir aux Etats-Unis illégalement et sa volonté d’être ferme sur l’immigration et de tenir sa promesse de campagne de mettre fin au programme.

Lettre ouverte de la Silicon Valley

Dans une lettre ouverte, plusieurs dizaines de dirigeants d’entreprise (Amazon, Apple, Facebook, Cisco, eBay, General Motors ou encore Microsoft) l’ont mis en garde contre l’impact économique que pourrait avoir une remise en cause du statut de ces quelque 800.000 personnes qui disposent à ce jour de l’équivalent d’un permis de séjour.

Ces derniers « ont grandi en Amérique, sont enregistrés auprès des autorités américaines, (…) paient des impôts et jouent un rôle actif dans leurs communautés », souligne le courrier des dirigeants d’entreprise. En cas de retour en arrière, ces jeunes « perdraient la possibilité de travailler légalement dans ce pays et seraient tous menacés d’expulsion », ajoute le texte, soulignant que cela pourrait représenter une perte de 460,3 milliards de dollars pour le PIB américain.

Coupe la poire en deux

Mis en place en 2012, par décret, par son prédécesseur démocrate Barack Obama, le programme Daca (Deferred Action for Childhood Arrivals) avait pour objectif de faire sortir de l’ombre les clandestins arrivés avant l’âge de 16 ans aux Etats-Unis. Les conditions pour bénéficier de Daca étaient notamment d’avoir moins de 31 ans en juin 2012, et d’avoir résidé continuellement dans le pays depuis 2007, sans condamnation grave à son casier judiciaire. Les bénéficiaires reçoivent la garantie qu’ils ne seront pas expulsés, et peuvent travailler légalement.

Le maire démocrate de Chicago, Rahm Emanuel, proche de Barack Obama, a déploré que Donald Trump « menace de bafouer la promesse faite à ces jeunes par le gouvernement américain » qui sont sortis de la clandestinité et ont donné « leur nom, leur adresse et leur numéro de téléphone » aux autorités qui pourraient, si le texte était remis en cause, les utiliser contre eux pour les expulser.

Selon Fox News, l’exécutif pourrait opter pour un compromis qui laisserait nombre de questions en suspend : ne plus accorder de permis mais ne pas annuler les autorisations existantes, les laissant en place jusqu’à leur date d’expiration, c’est-à-dire au plus tard jusqu’en 2019 pour ceux qui viennent d’en obtenir un.