Kenya: La Cour suprême annule l'élection présidentielle

POLITIQUE Le scrutin « n’a pas été conduit en accord avec la Constitution » et le résultat est donc « invalide et nul »…

20 Minutes avec AFP
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La Cour suprême kényane a décidé vendredi d'invalider pour «irrégularités» le résultat de l'élection présidentielle du 8 août.
La Cour suprême kényane a décidé vendredi d'invalider pour «irrégularités» le résultat de l'élection présidentielle du 8 août. — Ben Curtis

C’est une décision historique au Kenya. La Cour suprême kényane a invalidé ce vendredi, pour « irrégularités », le résultat de l’élection présidentielle du 8 août, qui avait donné le sortant Uhuru Kenyatta vainqueur, en ordonnant qu’un nouveau scrutin soit organisé dans les deux mois.

« A la question de savoir si les illégalités et irrégularités ont affecté l’intégrité de l’élection, la Cour est d’avis que c’est le cas », a déclaré le président de la Cour, David Maraga.

Un nouveau scrutin dans un délai de 60 jours

L’élection présidentielle « n’a pas été conduite en accord avec la Constitution » et le résultat est donc « invalide et nul », a-t-il ajouté, en ordonnant à la Commission électorale (IEBC) d’organiser un nouveau scrutin dans un délai de 60 jours, conformément à la Constitution.

C’est la première fois en Afrique qu’un tribunal suprême annule le résultat d’une élection présidentielle, selon l’opposition kényane. La décision, aussi dramatique qu’inattendue, a été rendue à la majorité, deux juges sur un total de sept - dont un absent pour cause de maladie - ayant exprimé des opinions dissidentes.

Kenyatta n’approuve pas « la décision »

Dès l’annonce de la décision, les cris de joie des partisans de l’opposition ont retenti aux alentours de la Cour suprême, dans le centre de la capitale Nairobi, où un important dispositif policier avait été déployé, ainsi qu’à Mathare, l’un des bidonvilles de Nairobi, acquis à l’opposition.

Le président kényan Uhuru Kenyatta s’est quant à lui dit en « désaccord » lors d’une adresse en direct sur les chaînes de télévision. « Personnellement, je suis en désaccord avec la décision qui a été prise aujourd’hui, mais je la respecte », a expliqué le président, qui avait été déclaré vainqueur du scrutin par la Commission électorale.