VIDÉO. Non, il n'y a pas d'épidémie de choléra à La Mecque

DESINTOX Il s'agit d'une simple mise en garde...

M.Co.

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Un médecin tient des cachets pour stériliser l'eau dans un centre de traitement du choléra à Bagdad, en Irak, le 22 septembre 2015.
Un médecin tient des cachets pour stériliser l'eau dans un centre de traitement du choléra à Bagdad, en Irak, le 22 septembre 2015. — Hadi Mizban/AP/SIPA
  • Un site a publié une note de blog pour réclamer la quarantaine suite à « une épidémie de choléra à La Mecque. »
  • L’OMS a mis en garde les pèlerins qui se rendent en Arabie Saoudite. Mais il n’y a pas à l’heure actuelle d’épidémie dans la ville sainte.
  • Selon l’OMS, les Saoudiens sont « bien préparés » face aux risques sanitaires.

L’ombre du choléra planerait-elle sur le pèlerinage à La Mecque, qui a débuté mercredi et doit durer jusqu’au 4 septembre ? C’est ce que laisse penser le site Résistance républicaine, qui a publié le 12 août une note de blog, intitulée « Epidémie de choléra à La Mecque : pas de quarantaine pour les musulmans qui en viendront, Macron ? ». Le choléra a-t-il vraiment fait son apparition dans la ville sainte ? On vous explique.

DESINTOX

Tout est parti d’un bulletin publié le 14 juillet par l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS reprise par l’agence de presse Reuters, indiquait que l’épidémie de choléra qui sévit au Yémen pourrait se propager, mais que les autorités saoudiennes sont bien préparées face à cette menace.

Dominique Legros, un expert de l’OMS, a souligné que l’Arabie saoudite n’avait pas connu d’épidémie de choléra depuis de nombreuses années grâce à une surveillance renforcée et des tests rapides pour détecter tôt les malades. « N’oubliez pas qu’aujourd’hui nous parlons du Yémen, mais ils (les Saoudiens) reçoivent des pèlerins venant de pays endémiques, et ils ont réussi à ne pas avoir d’épidémie, principalement en s’assurant que les conditions de vie, l’accès à l’eau en particulier, et les conditions d’hygiène, sont là », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse de l’ONU. « Selon moi, ils sont bien préparés », a-t-il ajouté.

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Le 4 août, quelques jours avant le début du pèlerinage, l’OMS publiait des recommandations sanitaires du ministère de la Santé saoudien. Pour le choléra, « le risque pour les voyageurs est très bas car des précautions simples sont prises. Cependant, les voyageurs venant de pays avec des épidémies peuvent être à risque et peuvent développer des symptômes après leur arrivée sur les lieux du Hajj (le pèlerinage). » Les autorités précisent que les voyageurs internationaux doivent « prendre des précautions contre les maladies transmises par l’alimentation et la nourriture. » Il n’y a rien d’exceptionnel dans ces recommandations qui sont publiées depuis plusieurs années par l’OMS.

« Détérioration des conditions d’hygiène »

Quant à la quarantaine pour les pèlerins rentrant de La Mecque demandée par Résistance républicaine, elle ne fait pas partie des principales mesures de prévention du choléra, une maladie qui se propage par l’eau et la nourriture. Un accès à une eau propre, un ramassage des ordures réguliers et une hygiène suffisante font partie des principales mesures pour empêcher la contagion. Des campagnes de vaccination orale sont aussi mises en place.

Au Yémen, le nombre de cas présumés de choléra a franchi le cap des 500.000, indiquait l’OMS le 14 août. Selon l’organisation, l’épidémie s’est propagée rapidement « à la faveur de la détérioration des conditions d’hygiène et d’assainissement et des perturbations que subit l’approvisionnement en eau dans le pays. » Autre facteur, le système de santé, « en train de s’effondrer ». Un paysage sanitaire bouleversé par la guerre, bien différent de celui de l’Arabie saoudite.

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