Grande-Bretagne: Un pilote refuse d'embarquer un demandeur d'asile sur le point d'être expulsé

GRANDE-BRETAGNE Le jeune Afghan de 22 ans dit craindre d’être «décapité» par les talibans s’il retourne dans son pays…

M.C.

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L'aéroport d'Heathrow.
L'aéroport d'Heathrow. — Amer Ghazzal/Shuttersto/SIPA

« Je ne décollerai pas. Une vie humaine est en jeu. » Un pilote de la compagnie Turkish Airlines a refusé de laisser monter à son bord un migrant afghan dont la demande d’asile avait été rejetée, et qui devait être expulsé, rapporte le journal The Independent.

Samim Bigzad, un Afghan de 22 ans qui dit craindre d’être « décapité » par les talibans s’il retourne dans son pays, devait embarquer à l’aéroport de Londres Heathrow sur ce vol à destination d’Istanbul, d’où il devait ensuite rejoindre Kaboul.

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« Trois personnes essayaient de le forcer à rentrer dans l’avion », raconte le cousin de Samim Bigzad au journal britannique. « Il pleurait et criait "Je vais me faire tuer en Afghanistan". Samim a dit qu’ils étaient sur la passerelle d’embarquement, près de la porte de l’avion, quand le pilote est sorti et a dit : "Vous n’allez pas l’emmener, je ne décollerai pas. Une vie humaine est en jeu." ».

Menaces des talibans

Samim Bigzad dit avoir décidé de fuir l’Afghanistan après avoir reçu des appels téléphoniques le menaçant de décapitation à cause de son emploi dans une société de construction qui travaillait avec le gouvernement afghan et des entreprises américaines.

Après avoir gagné le Royaume-Uni en novembre 2015 via la Turquie, la Grèce et la France, il s’est installé dans le Kent (sud-est de l’Angleterre) pour rejoindre des membres de sa famille et s’occuper de son père, qui possède la nationalité britannique. Celui-ci souffre de troubles psychologiques après avoir été emprisonné et torturé par les talibans dans les années 1990.

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Mais Samim Bigzad, à qui le droit d’asile a été refusé, a été arrêté à l’occasion d’un rendez-vous avec les services de l’immigration à Londres, en juillet dernier. Selon The Independent, son cousin tente à présent d’obtenir du ministère de l’Intérieur afghan qu’il alerte le gouvernement britannique sur le danger que court le jeune homme.