Harvey pourrait figurer parmi les 5 tempêtes les plus coûteuses des Etats-Unis

DEPENSES Aux Etats-Unis, la couverture pour les dégâts des eaux est distincte du contrat multirisques habitation... 

20 Minutes avec AFP

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Après le passage de la tempête Harvey, la ville de Houston est plongée sous les eaux, le 29 août 2017.
Après le passage de la tempête Harvey, la ville de Houston est plongée sous les eaux, le 29 août 2017. — David J. Phillip/AP/SIPA
  • Les coûts des dégâts provoqués par la tempête Harvey pourrait s'élever à 42 milliards de dollars. 
  • Le Texas compte pour environ 9% du Produit intérieur brut américain.
  • Seulement 12% des propriétaires aux Etats-Unis étaient assurés en 2016 contre les dégâts des eaux.

Les coûts des dégâts provoqués par la tempête Harvey, qui a frappé le Texas et menace la Louisiane, pourraient compter parmi les cinq plus élevés jamais enregistrés aux Etats-Unis, et atteindre 42 milliards de dollars, selon des modélisations.

Les estimations sont passées de 30 milliards à 42 milliards en quelques heures, alors que les inondations atteignent l’Etat voisin de la Louisiane et que les mesures prises pour contenir les eaux s’avèrent insuffisantes, indique Chuck Watson, fondateur de l’agence de modélisation Enki Research.

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L’essentiel des opérations vise actuellement à évacuer les populations et secourir les sinistrés, mais la question de l’impact sur l’économie du Texas, le deuxième plus grand Etat du pays en termes de superficie et de population, va vite devenir essentielle.

Katrina, la tempête la plus coûteuse, avait engendré 118 milliards de dollars de dépenses

« Si Harvey était une tempête comme les autres on parlerait sans doute de dégâts de l’ordre de 4 milliards de dollars », souligne Chuck Watson. « Cela serait tragique pour les gens touchés mais nous ne parlerions pas de l’impact sur l’ensemble de l’économie », ajoute-t-il. Mais à 42 milliards de dollars, Harvey se hisserait au niveau des ouragans Ike, qui avait frappé le Texas et une partie des Antilles et des Caraïbes en 2008 (43 milliards), et Wilma, qui avait dévasté le nord des Etats-Unis en 2005 (38 milliards). Le plus coûteux, selon Chuck Watson, est jusqu’à présent Katrina (118 milliards de dollars) en 2005.

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Le Texas compte pour environ 9 % du Produit intérieur brut américain, juste derrière la Californie, ce qui en fait à lui seul une économie plus puissante que le Canada ou la Corée du Sud. La banque d’affaires Goldman Sachs a estimé lundi qu’Harvey pourrait ôter 0,2 point de pourcentage au taux de croissance de l’économie américaine au 3e trimestre. « Mais l’impact de l’ouragan sur l’ensemble du 2e trimestre est encore incertain », ont précisé les analystes de la banque dans une note. « Les effets négatifs pourraient être compensés par l’augmentation de l’investissement des entreprises et des activités de construction une fois que l’orage sera passé », ajoutent-ils.

Un désastre humanitaire mais pas forcément financier 

La côte texane bordant le golfe du Mexique abrite environ un tiers des capacités de raffinage américaines et d’importants sites, comme celui d’ExxonMobil à Baytown, ont dû fermer. Selon une étude de la banque Barclays, 40 % de la capacité de raffinage américaine était arrêtée, ou sur le point de l’être, ce mardi. Outre l’énergie, les conséquences de la catastrophe se feront sentir sur l’industrie, notamment informatique, la défense et l’agriculture (élevage notamment).

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Selon le Insurance Information Institute, seulement 12 % des propriétaires aux Etats-Unis étaient assurés en 2016 contre les dégâts des eaux, un taux qui atteint 14 % dans le sud du pays. « C’est une situation vraiment critique, pas seulement d’un point de vue météorologique, mais aussi financier pour les gens », souligne à l’AFP Loretta Worters, une porte-parole de l’institut, soulignant que sans aide du gouvernement, les victimes pourraient se retrouver ruinées. Elle affirme toutefois que pour les assureurs eux-mêmes, la situation n’est pas critique, car le secteur dégage actuellement un excédent de 700 milliards de dollars et peut assumer les dossiers de remboursement.

« Deux-tiers des zones inondées ne se trouvent pas dans celles considérées comme à risque »

Aux Etats-Unis, la couverture pour les dégâts des eaux est distincte du contrat multirisque habitation, et Chuck Watson rappelle que les cartes de zone à risque n’ayant pas toujours été mises à jour, « deux-tiers des zones inondées ne se trouvent pas dans celles considérées comme à risque ». Pour les personnes les plus pauvres, dépourvues d’économies, les revenus vont se tarir immédiatement. « Ils sont payés à l’heure et n’ont plus de salaire. Leurs factures s’accumulent et leurs maisons sont dévastées. C’est un vrai désastre humanitaire qui se prépare », juge-t-il.