La France va accorder un prêt de 430 millions d'euros à l'Irak, annonce Le Drian

RECONSTRUCTION Il s'agit d'un prêt de soutien budgétaire pour encourager des réformes de fond et l'assainissement financier du pays...

B.D. avec AFP

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Me ministre des Affaires Étrangères irakien, Ibrahim Jaafari (D), rencontre son homologue français, Jean-Yves Le Drian (C), et la ministre de la Défense française, Florence Parly (G) à Bagdad , le 26 août 2017.
Me ministre des Affaires Étrangères irakien, Ibrahim Jaafari (D), rencontre son homologue français, Jean-Yves Le Drian (C), et la ministre de la Défense française, Florence Parly (G) à Bagdad , le 26 août 2017. — AFP

La France va accorder un prêt de 430 millions d'euros en 2017 à l'Irak dont le budget est fortement grevé par la lutte contre les djihadistes et la chute des cours du pétrole, a annoncé ce samedi le ministère français des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a indiqué au Premier ministre irakien Haider al-Abadi lors d'un entretien à la mi-journée à Bagdad que les fonds seraient débloqués avant la fin de l'année, a-t-on précisé de même source.

«La France a été présente dès le début des combats contre Daesh, elle sera aussi présente dans la phase de paix qui s'ouvre désormais», a souligné Jean-Yves Le Drian lors d'un déplacement conjoint avec la ministre française des Armées, Florence Parly, en Irak. Au cours de cette visite, il a en outre remis à Haider al-Abadi une invitation du président français Emmanuel Macron à venir en France.

Prêt de soutien budgétaire

Il s'agit d'un prêt de soutien budgétaire pour encourager des réformes de fond et l'assainissement financier du pays. Ce prêt impose, comme ceux de la Banque mondiale, l'amélioration de la gestion des finances publiques et de la gouvernance des entreprises publiques ainsi qu'une plus grande efficacité énergétique. Daesh a perdu plus de 70% des territoires irakiens qu'il avait conquis en 2014, notamment la cité emblématique de Mossoul, deuxième ville du pays. Ce samedi, les forces irakiennes, appuyées par les frappes aériennes et tirs d'artillerie de la coalition internationale, ont annoncé avoir repris le contrôle du centre de Tal Afar, l'un des derniers bastions de l'organisation Etat islamique dans le pays.

D'autres pays ont déjà accordé des prêts de soutien budgétaire ou d'investissement à l'Irak, comme l'Allemagne (500 millions d'euros). L'enveloppe de 430 millions d'euros représente toutefois un effort important pour la France au regard de ses contraintes budgétaires. Emmanuel Macron, élu en mai, a notamment décidé de réduire de 850 millions d'euros les crédits destinés à l'achat d'équipements militaires en 2017.

La reconstruction estimée entre 700 et 1.000 milliards de dollars

La facture de la reconstruction irakienne est estimée entre 700 et 1.000 milliards de dollars après de longs et violents combats pour la reconquête de bastions jihadistes comme Mossoul. Dans un premier temps, les villes reconquises doivent être déminées et les services de base (eau, santé, etc...) rétablis, afin de permettre le retour des populations déplacées. L'Irak compte 3,3 millions de déplacés sur un total de 39 millions d'habitants. Au total, 11 millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire, selon les Nations Unies.

Une conférence des donateurs est prévue à la fin de l'année au Koweït. L'Irak sollicite aussi l'aide du Fonds monétaire international (FMI). Le prêt français, d'une durée de 17 ans, offre un taux plus favorable que les conditions du marché (6,75%), a-t-on indiqué de source diplomatique française sans plus de précisions.