Inde: 14 morts dans des manifestations après la condamnation d'un gourou pour viol

MONDE Des dizaines de milliers de personnes s’étaient réunies à Panchkula alors qu’un tribunal spécial a reconnu coupable le chef spirituel Gurmeet Ram Rahim Singh du viol de deux femmes...

A.B. avec AFP

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Au moins 14 personnes sont mortes dans des heurts où des dizaines de milliers de personnes s'étaient réunies à Panchkula, alors qu'un tribunal spécial a reconnu coupable le chef spirituel Gurmeet Ram Rahim Singh du viol de deux femmes.
Au moins 14 personnes sont mortes dans des heurts où des dizaines de milliers de personnes s'étaient réunies à Panchkula, alors qu'un tribunal spécial a reconnu coupable le chef spirituel Gurmeet Ram Rahim Singh du viol de deux femmes. — MONEY SHARMA / AFP

Au moins 14 personnes ont perdu la vie et des dizaines ont été blessées vendredi dans de violentes manifestations qui ont éclaté dans le nord de l’Inde après la condamnation d’un gourou controversé pour le viol de deux adeptes, a indiqué le responsable d’un hôpital. « Quatorze personnes sont mortes et 80 sont blessées », a indiqué un responsable de l’hôpital de la ville de Panchkula, dans le nord de l’Inde, souhaitant ne pas être nommé. Un premier bilan policier faisait état de quatre morts.

Afflux de milliers d’adeptes

Selon un journaliste sur place, les policiers ont lancé des gaz lacrymogènes et utilisé des canons à eau face à une foule de manifestants lançant des pierres et qui s’en était prise notamment à deux camions de télévision, renversant l’un d’entre eux.

« Le tribunal a reconnu coupable (Gurmeet) Ram Rahim Singh de viol », a confirmé le procureur Harinder Pal Singh Verma après une audience à huis clos. L’homme a été placé en détention, sous escorte policière. Sa peine sera connue le 28 août, d’après les médias locaux.

Ce gourou suivi par de nombreux fidèles dans l’Etat de Haryana (nord), où il dirige un courant spirituel, affirme avoir des millions d’adeptes de par le monde.

La veille du verdict, les autorités indiennes avaient renforcé la sécurité dans la région, déployant 15.000 hommes, en raison de l’afflux de milliers d’adeptes. Trois stades avaient également été mis à disposition pour détenir d’éventuels fauteurs de troubles, selon les responsables locaux.

« Gourou tape-à-l’œil »

Connu sous le surnom de « Gourou tape-à-l’œil », en raison de son penchant pour les vêtements criards et les bijoux, ce chef spirituel de 50 ans est à la tête de la secte Dera Sacha Sauda.

En 2002, un courrier anonyme avait été envoyé à l’ancien Premier ministre indien Atal Bihari Vajpayee, une femme accusant ce gourou de viol sur elle-même et sur d’autres adeptes de la secte.

Il a fallu des années au Bureau central d’enquête (CBI Central Bureau of Investigations) pour retrouver les victimes présumées. Ce n’est qu’en 2007 que deux femmes avaient finalement déposé plainte.

Ce n’est pas la première fois que Gurmeet Ram Rahim Singh se retrouve au cœur d’une polémique. En 2015, il avait été accusé d’avoir encouragé 400 de ses disciples à subir une castration, pour se rapprocher de dieu. Il a par ailleurs été poursuivi en lien avec le meurtre d’un journaliste en 2002.

« Messager de dieu »

S’exprimant avant le verdict, des supporters rassemblés à Panchkula ont manifesté leur soutien au Gourou, certains estimant que sa secte les avaient aidés à sortir de leur dépendance à l’alcool.

« J’ai fait partie du mouvement Dera (Sacha Sauda) pendant deux décennies et tout ce temps je n’ai pas bu une goutte », a expliqué Gajendere Singh, âge d’une soixantaine d’années.

L’activité de Gurmeet Ram Rahim Singh avait suscité la colère de nombreux chefs religieux en Inde, notamment les Sikhs qui estimaient que ce dernier insultait et dénigrait leur foi.

Dans l’Etat de Pendjab (est), a majorité Sikh, des manifestations avaient éclaté en 2015 alors que le gourou était apparu dans un film intitulé « MSG : le messager de dieu », le montrant en train d’accomplir des miracles et prêchant devant des milliers de fidèles.

Gurmeet Ram Rahim Singh s’est rendu de sa ville d’origine jusqu’au tribunal dans un important convoi de plus de 100 véhicules, selon les médias indiens.

Des images de télévision montraient des fidèles rassemblés le long des rues, la plupart d’entre eux sanglotant sans pouvoir se contrôler.