Attentats en Catalogne: Ripoll, la ville d'origine de plusieurs djihadistes abattus ou arrêtés

TERRORISME L'enquête de la police espagnole se poursuit notamment à Ripoll, qui aurait pu abriter un foyer de djihadistes...

L.Gam. avec AFP

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L'arrestation d'un suspect des deux attentats perpétrés en Catalogne, à Ripoll.
L'arrestation d'un suspect des deux attentats perpétrés en Catalogne, à Ripoll. — AFP

A une centaine de kilomètres au nord de Barcelone, les habitants de Ripoll sont sous le choc : plusieurs terroristes qui ont perpétré les deux attentats en Catalogne, à Barcelone et à Cambrils, habitaient depuis de nombreuses années dans cette cité catalane de 10.000 âmes. Depuis vendredi, de nombreuses perquisitions y ont été menées pour tenter de rembobiner le fil des événements.

Ripoll, fière de son statut de ville historique, avec un imposant monastère du IXe siècle, aurait abrité au moins sept des douze suspects impliqués dans les attentats : des jeunes de nationalité marocaine, pour certains nés ici de parents venus du Maroc.

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Le profil des terroristes présumés

Moussa Oukabir, 17 ans, né à Ripoll mais marocain, son voisin d’immeuble Mohamed Hychami, de 24 ans, né à Mrirt, et Said Aallaa, de 18 ans, né à Naour au Maroc, ont été abattus par la police vendredi après avoir lancé à toute allure leur voiture sur la promenade de la station balnéaire de Cambrils. Au moins quatre personnes sont en garde à vue, dont des habitants du village et un homme de Melilla, enclave espagnole en Afrique du nord.

Un serveur assure en avoir croisé certains et leur avoir même « servi de la bière », à de nombreuses reprises.

Dans l’immeuble d’un des présumés terroristes, une famille pleure. Yamila, une voisine qui a accepté de parler à une journaliste de l’AFP, assure que Said Aala, leur fils, était un jeune bien et travailleur. « Un ami l’a appelé jeudi à 15 heures et il est parti faire un tour », dit-elle. C’était deux heures avant l’attentat de Barcelone.

Des habitants crispés qui ne comprennent pas

Dans le village, on parle de radicalisation récente de ces hommes, de jeunes filles qui se voilent davantage et de certains habitants devenus plus religieux et de moins en moins sociables. C’est ce que confient à demi-mot quelques habitants qui préfèrent conserver l’anonymat. « Que des voisins depuis toujours finissent par te faire ça… », se lamente Maria, serveuse dans un café, qui refuse de donner son nom, dans une ville où tous se connaissent.

La crispation est palpable alors que les arrestations et les perquisitions s’enchaînent sous le regard des villageois par des policiers cagoulés.

Une nouvelle perquisition a eu lieu samedi pendant deux heures dans l’appartement d’un imam de Ripoll, Abdelbaki Es Satty, d’après son colocataire, Nourddem, qui refuse lui aussi de donner son nom de famille à l’AFP. « La dernière fois que je l’ai vu c’était mardi et il m’a dit qu’il allait voir sa femme au Maroc », assure Nourddem. D’après El Pais, qui cite des sources policières, l’imam pourrait être un des morts de l’explosion d’une maison, mercredi soir à Alcanar, dans l’extrême sud de la Catalogne.

La parole des imams de Catalogne en question

Le maire s’interrogeait samedi sur son pouvoir d’action face à la présence de membres de la cellule djihadiste. « Si des responsables comme ceux de Londres, la CIA, les Américains, les services de renseignement espagnols, ou même le gouvernement catalan avec les Mossos d’Esquadra ne sont pas capables de l’empêcher, comment la municipalité d’un village de 10.000 habitants avec seulement 14 policiers pourrait-elle l’empêcher ? », demande Jordi Munell.

Des recherches dans la presse locale montrent une polémique autour d’une nouvelle mosquée, en 2008, et, plus récemment, une tribune dans un quotidien local en ligne se plaignant « d’insultes » à l’égard des musulmans, mais aussi de la nécessité que l’exécutif de Catalogne « contrôle davantage la parole de certains imams qui prêchent lors du ramadan ». Mais le maire assure que la communauté musulmane locale lui a expliqué que, « lorsqu’un imam tient un discours anti-occidental, violence machiste ou réinterprétation du Coran, il est rejeté ou on tente de le faire changer ».

Les attentats de jeudi à Barcelone et Cambrils sont les pires attentats djihadistes commis en Espagne depuis ceux de Madrid en 2004.