Pour Donald Trump, la culture américaine est «mise en pièces» par les retraits de statues

ETATS-UNIS Sur Twitter, le président américain a alimenté la polémique portant sur le retrait des statues célébrant des personnages de la confédération sudiste...

A.B. avec AFP

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Donald Trump parle aux journalistes depuis la Trump Tower à New York, le 16 août 2017.
Donald Trump parle aux journalistes depuis la Trump Tower à New York, le 16 août 2017. — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA
  • Le président américain se plaint sur Twitter de la «beauté retirée» des parcs et villes américaines à chaque statue retirée.
  • Plus de 1.500 symboles confédérés demeurent encore dans l’espace public aux Etats-Unis.

Le président américain Donald Trump a estimé jeudi que la culture et l’histoire américaines étaient « mises en pièces » par les retraits de statues célébrant des personnages de la confédération sudiste.

"Nos magnifiques statues et monuments"

« Triste de voir l’histoire et la culture de notre grand pays mises en pièces par le retrait de nos magnifiques statues et monuments », a tweeté Donald Trump, prenant position dans ce débat sensible qui a refait surface après les violences de Charlottesville où des suprémacistes blancs s’étaient rassemblés pour protester contre le retrait d’une statue d’un général sudiste. « La beauté qui est retirée de nos villes et de nos parcs nous manquera terriblement et ne pourra jamais être remplacée ! », a-t-il ajouté, sans jamais utilisé le mot « confédéré ».

Une large majorité d’Américains voit dans ces monuments en hommage à la confédération d’Etats du sud, qui a déclenché la guerre civile notamment pour défendre l’esclavage, la célébration d’un passé raciste.

Un héritage ségrégationniste

D’autres défendent le droit du sud à son histoire et estiment que les enlever revient à effacer un pan de l’histoire américaine. Mais des historiens soulignent que nombre de ces monuments ont été érigés pendant la ségrégation raciale ou en réaction au mouvement des droits civiques des années 1960.

Mardi, lors d’une conférence de presse houleuse depuis la Trump Tower à New York, Donald Trump avait déjà semblé donner raison aux défenseurs de ces monuments, même s’il n’était pas allé aussi loin. « George Washington possédait des esclaves (…). Est-ce qu’on va enlever ses statues ? Et Thomas Jefferson ? Est-ce qu’on va enlever ses statues ? Il possédait beaucoup d’esclaves », avait-il déclaré, en référence aux premier et troisième présidents des Etats-Unis, tous deux morts bien avant la guerre de Sécession (1861-1865).

Plusieurs statues ont été retirées ces derniers jours, notamment dans le Sud où il n’est pas rare de voir encore flotter des drapeaux confédérés.

La controverse autour de ces drapeaux avait été ravivée en juin 2015, après le meurtre de neuf Noirs dans une église de Caroline du Sud par un suprémaciste blanc qui aimait poser avec. Un mois plus tard, cet Etat du sud-est décidait d’enlever le drapeau de son parlement. L’Alabama (sud) faisait de même.

Selon un récent rapport du Southern Poverty Law Center (SPLC), spécialisé dans les mouvements extrémistes et les droits civiques, plus de 1.500 symboles confédérés demeurent encore dans l’espace public aux Etats-Unis, la plupart dans le Sud. Ce chiffre inclut plus d’une centaine d’écoles publiques.