Venezuela: La Constituante lance sa séance inaugurale sur fond de grandes tensions avec l'opposition

CRISE Le Venezuela pourrait aussi faire face à des sanctions dans la zone Amérique latine...

L.Gam. avec AFP

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Une supportrice de Nicolas Maduro, le 4 août 2017 à Caracas.
Une supportrice de Nicolas Maduro, le 4 août 2017 à Caracas. — Wil Riera/AP/SIPA

Des critiques de toutes parts. La toute nouvelle Assemblée constituante vénézuélienne, dotée de pouvoirs illimités et pour une durée indéfinie, s’est mise au travail samedi, accentuant les divisions dans ce pays au bord du gouffre.

Il s’agit, comme l’a promis le président Nicolas Maduro, d’apporter la « paix » et de redresser l’économie de cette nation pétrolière, naguère immensément riche. L’opposition accuse en revanche le dirigeant socialiste de vouloir accroître ses pouvoirs et prolonger son mandat qui s’achève en 2019. Présidée par Delcy Rodriguez, l’ex-cheffe de la diplomatie, cette assemblée aura pour mission de réécrire la Constitution de 1999 promulguée par le défunt Hugo Chavez.

Début des travaux

Des roses rouges à la main et portant des tableaux géants d’Hugo Chavez, dont Nicolas Maduro est l’héritier politique, et de Simon Bolivar - héros de l’indépendance du Venezuela -, les membres de la Constituante ont prêté serment vendredi, en l’absence remarquée du président.

« Je promets de défendre la patrie de toute agression ou menace », a déclaré Delcy Rodriguez, avocate de 48 ans surnommée la « tigresse » par Nicolas Maduro pour sa défense de la « révolution bolivarienne ». Tout de rouge vêtue, cette ancienne ministre des Affaires étrangères a annoncé que l’Assemblée commencerait ses travaux samedi, en dépit des critiques internationales et du rejet de l’opposition.

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Des sanctions à l'international pour le Venezuela ?

Samedi, les ministres des Affaires étrangères de quatre des cinq pays membres du Mercosur - Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay - se réunissent à partir de 11 heures locales à São Paulo pour se pencher sur la crise politique au Venezuela. Ils envisagent la suspension « pour rupture de l’ordre démocratique » de ce pays déjà mis à l’écart du marché commun sud-américain depuis décembre, pour des raisons commerciales. Dans la pratique, cette suspension n’impliquerait pas une exclusion de ce bloc commercial régional, mais aurait un impact largement supérieur aux autres sanctions prises auparavant.

« Il s’agirait d’un coup très dur pour la stature internationale du gouvernement de Nicolas Maduro. Le Venezuela risque de devenir un paria en Amérique latine », a expliqué Mauricio Santoro, professeur de relations internationales à l’Université d’État de Rio de Janeiro (UERJ). « Pour la communauté internationale (…) le message est clair, très clair : nous, les Vénézuéliens, résoudrons notre conflit, notre crise, sans aucune sorte d’interférence étrangère, sans aucune sorte de mandat impérial », a prévenu la présidente de la Constituante lors de son discours d’investiture.