Le bad boy Martin Shkreli déclaré coupable de fraude financière

ETATS-UNIS Le spéculateur du médicament comparaissait pour une ancienne affaire...

20 Minutes avec AFP

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Le spéculateur Martin Shkreli et son avocat Ben Brafman, le 4 août 2017 à New York.
Le spéculateur Martin Shkreli et son avocat Ben Brafman, le 4 août 2017 à New York. — Seth Wenig/AP/SIPA

Le bad boy a fini par être rattrapé par la justice. L’entrepreneur Martin Shkreli, devenu l’une des personnalités les plus haïes aux Etats-Unis en 2015 après avoir multiplé par 50 le prix d’un médicament contre le VIH, a déclaré coupable vendredi de trois des huit chefs d’accusation l’ayant visé dans son procès pour fraude et manipulations, mais a été relaxé des accusations les plus graves. Il risque jusqu’à 20 ans de prison, et sa peine sera prononcée ultérieurement.

L’affaire n’était pas liée à sa spéculation sur le médicament, qui était légale. Shkreli a été déclaré coupable de fraude sur les titres de deux fonds d’investissement alternatifs (hedge funds) dont il était le gérant, MSMB Capital Management et MSMB Healthcare Management.

Il a également été reconnu coupable d’avoir manipulé les actions du laboratoire pharmaceutique qu’il a créé, Retrophin, les utilisant pour renflouer les deux fonds d’investissement, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la procureure fédérale de Brooklyn, Bridget Rohde. Pour autant, il a été relaxé de cinq des huit chefs d’accusation, dont l’un retenait sa volonté supposée d’avoir voulu tromper les investisseurs de Retrophin.

« Ravi »

A la sortie du tribunal, Martin Shkreli a déclaré que ses avocats et lui étaient « ravis » de cette décision. « Le jury a dit que Retrophin n’avait pas été escroqué dans cette affaire », a expliqué celui qui

Pour le principal conseil de Martin Shkreli, Benjamin Brafman, qui avait notamment défendu Dominique Strauss-Kahn, le verdict du jury donne au juge une « énorme » latitude pour déterminer la peine « qui n’a même pas à inclure nécessairement une peine de prison », a-t-il expliqué à la sortie du tribunal.

Rachat d’un album du Wu Tang Clan

Amateur de réseaux sociaux, supporteur de Donald Trump connu pour son arrogance et sa passion pour le hip-hop, Martin Shkreli s’est fait connaître du grand public en septembre 2015, lorsque l’une de ses sociétés, Turing Pharmaceuticals, a fait passer le prix d’un comprimé de Daraprim, médicament utilisé contre le paludisme et par les séropositifs, de 13,5 à 750 dollars du jour au lendemain.

Shkreli avait alors été surnommé l’homme le plus détesté des Etats-Unis et déclenché une vive polémique. Il avait ensuite dépensé 2 millions de dollars pour s’offrir l’exclusivité d’un album du Wu Tang Clan jamais commercialisé. A son palmarès, il faut également ajouter sa suspension de Twitter pour avoir harcelé une journaliste américaine.