Le gouvernement Trump lance la chasse aux fuites et menace la presse

ETATS-UNIS Le ministre de la Justice songe à change la loi pour assigner les journalistes et les forcer à révéler leurs sources...

P.B.
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Le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, hausse le ton contre les fuites, le 4 août 2017.
Le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, hausse le ton contre les fuites, le 4 août 2017. — A. Harnik/AP/SIPA

« Nous le disons haut et fort : la culture de la fuite doit cesser. » Le ministre américain de la Justice a sorti le doigt qui gronde, vendredi. Critiqué par Donald Trump pour son manque de fermeté, Jeff Sessions a annoncé que les enquêtes contre ceux accusés de saper la sécurité nationale en parlant aux médias avaient triplé et que quatre personnes avaient pour l’instant été inculpées. Et il a lancé un avertissement aux journalistes : « Nous respectons le rôle joué par la presse mais il n’est pas sans limite. »

Retranscription des coups de téléphone de Donald Trump avec le président mexicain, brouillons de décrets sur l’immigration, comptes-rendus sa rencontre dans le bureau ovale avec Sergeï Lavrov, enquête sur la Russie… Le gouvernement Trump fuit à un niveau jamais vu. Sans compter les potins incessants sur les batailles internes à la Maison Blanche, qui semble plongée dans un chaos perpétuel.

Inquiétude pour la liberté de la presse

Dénonçant un « nombre sidérant de fuites », Jeff Sessions a annoncé une augmentation des effectifs du FBI chargés d’enquêter sur ces affaires. Et selon lui, le gouvernement est en train de revoir sa politique d’assignation des organes de presse afin qu’ils révèlent leurs sources. L’association Freedom of the Press a aussitôt fait part de son « inquiétude ».


Parallèlement, le nouveau chef de cabinet de Donald Trump, l’ancien général John Kelly, tente d’instiller une discipline militaire au sein de son équipe, rapporte le Wall Street Journal. Le problème, c’est qu’il doit faire marcher au pas près de 2.000 personnes à la Maison Blanche, sans compter les milliers d’employés fédéraux du FBI ou de la CIA qui n’ont pas été nommés par Donald Trump. La mission semble presque impossible.