VIDEO. Etats-Unis: Michelle Carter condamnée à 15 mois de prison ferme pour avoir poussé par SMS son petit ami au suicide

JUSTICE En juin dernier, Michelle Carter a été reconnue coupable «d’homicide involontaire» par un tribunal pour enfants dans le Massachussets…

H. B. avec AFP

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Michelle Carter a été condamnée en juin dernier pour homicide volontaire.
Michelle Carter a été condamnée en juin dernier pour homicide volontaire. — Glenn C. Silva

Jusqu’où peut-on être responsable de la mort d’une personne qu’on a encouragée à se suicider ? C’est à cette question que des juges de Boston aux Etats-Unis ont répondu ce jeudi lors du procès de Michelle Carter. Cette Américaine, âgée de 20 ans aujourd’hui, a été condamnée à deux ans et demi de prison (30 mois), dont 15 mois ferme, pour avoir poussé son petit ami au suicide via des textos en 2014.

La décision a été annoncé par le juge Lawrence Moniz, du tribunal pour enfants de Taunton (Massachusetts, nord-est). Michelle Carter effectuera les 15 mois restants de sa peine sous le régime de la liberté conditionnelle.

Un «équilibre» «entre la réhabilitation» et «la sanction pour les actions»

Dans la foulée, la défense a indiqué que la jeune femme souhaitait faire appel et obtenu du magistrat que l'exécution de la peine soit suspendue jusqu'à l'issue du procès en appel. Michelle Carter reste donc libre. Dans sa décision, le juge Moniz a souligné que l'affaire était jugée devant une juridiction pour mineurs ce qui nécessitait, selon lui, de parvenir à un «équilibre» dans la décision, «entre la réhabilitation» et «la sanction pour les actions» commises.

En juin dernier, elle a été reconnue coupable « d’homicide involontaire » par le tribunal pour enfants de Taunton, dans le Massachussets (nord est du pays). Son petit ami, Conrad Roy, 18 ans à l’époque, avait été retrouvé mort dans sa camionnette le 12 juillet 2014, garé dans le parking d’un supermarché près d’une pompe à eau qu’il a utilisée pour remplir son véhicule de monoxyde de carbone.

« C’est maintenant ou jamais »

Lors du procès en juin dernier, l’assistante du procureur avait cité une série de textos envoyés par Michelle Carter à son petit ami Roy, l’enjoignant à passer à l’acte. « C’est maintenant ou jamais », écrivait-elle notamment au jeune homme. Alors qu’il sortait de son camion, pris de doutes, le jeune homme lui aurait parlé longuement au téléphone et « elle lui a dit de revenir dans la voiture ».

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« Elle s’est comportée de façon vicieuse et dangereuse », a affirmé l’assistante du procureur, soulignant que Carter l’avait aussi conseillé sur les meilleures méthodes de suicide et encouragé à cacher ses projets à ses parents. Mais l’avocat de la défense, Joseph Cataldo, avait fait valoir que Roy, qui venait de finir son lycée et avait une bourse pour l’université, avait des idées suicidaires depuis des années, évoquant un séjour en hôpital psychiatrique. « Il était suicidaire, et voulait se donner la mort, c’était son choix ».