Russie: Trump promulgue les nouvelles sanctions, Moscou dénonce une politique «dangereuse»

ETATS-UNIS Dans la foulée, Moscou a dénoncé la politique « dangereuse » de Washington…

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump signe des décrets (illustration)
Donald Trump signe des décrets (illustration) — SIPA
  • Le texte punit la Russie pour son ingérence dans l'élection américaine.
  • Il empêche un président américain de lever les sanctions sans l'aval du Congrès.
  • Trump n'y était pas favorable mais le Congrès aurait facilement pu renverser son veto.
  • Moscou a riposté et de nombreux diplomates américains devront quitter la Russie.

Visiblement, il a signé à contrecœur. Mercredi, Donald Trump a promulgué les nouvelles sanctions économiques contre la Russie voulues par le Congrès américain, tout en prenant immédiatement ses distances avec ce texte «très imparfait». En pleine enquête du procureur spécial Robert Mueller, le Congrès s'est assuré que les sanctions ne pourraient pas être levées par un président sans son accord.

Ces sanctions, qui frappent notamment le secteur énergétique russe, visent à punir Moscou après les accusations d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine, ainsi que pour l'annexion de la Crimée et son attitude en Ukraine. Le texte sanctionne aussi l'Iran et la Corée du Nord.

La Russie a aussitôt réagi: «C'est une ligne politique à courte vue et même dangereuse qui risque de miner la stabilité (dans le monde, ndlr) dont Moscou et Washington sont particulièrement responsables», a déclaré le chef de la diplomatie, Sergeï Lavrov. La veille, la Russie avait réduit le nombre de diplomates américains autorisés sur son territoire.

Un veto de Trump aurait été renversé

L'exécutif américain n'avait pas caché ses réserves avant l'adoption des nouvelles sanctions par le Congrès. Mais Donald Trump n'avait pas vraiment le choix. Les élus américains les ont adoptées la semaine dernière à la quasi-unanimité, un veto présidentiel aurait donc facilement été renversé par le Congrès (il suffit d'une majorité des deux tiers).

«La loi reste très imparfaite», a déploré le président américain dans un communiqué, après y avoir apposé sa signature à l'abri des caméras. «En limitant la marge de manoeuvre de l'exécutif, cette loi entrave la capacité des Etats-Unis à conclure de bons accords pour le peuple américain et va rapprocher la Chine, la Russie et la Corée du Nord», a-t-il prévenu. «Pour autant, malgré ces problèmes, je promulgue cette loi au nom de l'unité nationale. Elle représente la volonté du peuple américain de voir la Russie prendre des mesures pour améliorer les relations avec les Etats-Unis.»

Moscou riposte

La réaction de la Russie n'a pas attendu la signature de Donald Trump. Dès vendredi, elle a annoncé une prochaine réduction drastique de la présence diplomatique américaine sur son territoire: Washington devra réduire à partir du 1er septembre à 455 les effectifs du personnel de son ambassade et de ses consulats, ce qui devrait conduire au départ d'environ 200 personnes.

«Les relations sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide, et peuvent encore se détériorer», a redit mardi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson. Il est même allé plus loin, redoutant que cette aggravation soit désormais en cours avec «les événements de cette dernière semaine». Il rencontrera son homologue russe Sergueï Lavrov en tête-à-tête au cours du week-end en marge d'une réunion à Manille.