Les Etats-Unis ordonnent aux familles des diplomates de quitter le Venezuela

AMERIQUE Plus de 100 opposants ont été tués depuis le début des manifestations...

20 Minutes avec AFP

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Deux nouvelles personnes ont été tuées dans des manifestations contre le pouvoir au Venezuela, le 27 juillet 2017.
Deux nouvelles personnes ont été tuées dans des manifestations contre le pouvoir au Venezuela, le 27 juillet 2017. — Miguel Gutierrez/SIPA

Le Venezuela glisse dans le chaos. Alors que deux nouvelles personnes ont été tuées dans des manifestations contre le pouvoir, jeudi, les Etats-Unis ont ordonné aux familles des diplomates en poste de quitter le pays. Nicolas Maduro, lui, proposé jeudi un dialogue à ses adversaires avant l’élection contestée dimanche de l’Assemblée constituante, contre laquelle l’opposition a appelé à une grève générale et à manifester malgré l’interdiction du gouvernement, une situation explosive qui a fait deux nouveaux morts.

« Je propose à l’opposition politique vénézuélienne qu’elle abandonne le chemin de l’insurrection (…) et que nous instaurions dans les prochaines heures, avant l’élection et l’installation de l’Assemblée constituante, un cadre pour dialoguer », a déclaré le chef de l’Etat socialiste, tout en affirmant que son projet de modifier la Constitution irait jusqu’au bout.

Un adolescent de 16 ans tué

Face aux appels répétés du chef de l’Etat à négocier, les antichavistes (du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013, dont Nicolas Maduro est l’héritier) exigent avant tout des élections générales.

Au deuxième jour de la grève générale contre le scrutin de dimanche, un homme de 49 ans et un mineur de 16 ans sont morts dans des manifestations, a annoncé jeudi le parquet. Ces décès, les quatrième et cinquième de cette grève générale de 48 heures, portent à 108 le nombre de morts depuis le début des manifestatio

Dans une ville en partie paralysée et jonchée de barricades et de décombres, de nouveaux incidents ont opposé manifestants et forces de l’ordre à Caracas : les gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et arrestations ont répondu aux cocktails Molotov et projectiles. Défiant l’interdiction du gouvernement de manifester, l’opposition a appelé jeudi à défiler vendredi dans tout le pays contre le projet de Constituante.

Une grève largement suivie

« Les rues du Venezuela appartiennent au peuple, pas à la dictature », a rétorqué sur Twitter la coalition de l’opposition, la Table de l’unité démocratique (MUD). Les contrevenants risquent de cinq à dix ans de prison, a prévenu le ministre de l’Intérieur, le général Nestor Reverol.

Les antichavistes tentent à tout prix d’empêcher la désignation dimanche des 545 membres d’une Assemblée constituante voulue par le président, accusé par l’opposition de vouloir réécrire la Constitution à son profit.

L’appel à la grève a été suivi à 92 % dans le pays au cours des premières 24 heures, s’est félicité la coalition de l’opposition, la Table de l’unité démocratique (MUD), à l’origine du mouvement. Côté gouvernement, on assure que la grève est un échec.