Qui est Anthony Scaramucci, chargé de redorer l'image de Trump?

PORTRAIT Venu de Wall Street, le nouveau directeur de communication de la Maison Blanche a déjàç dérapé...

Philippe Berry

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Le nouveau directeur de la communication de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci, le 21 juillet 2017.
Le nouveau directeur de la communication de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci, le 21 juillet 2017. — Ron Sachs/NEWSCOM/SIPA

Des costumes sur mesure à faire pâlir d’envie François Fillon, des cheveux impeccablement coiffés à la Michael Douglas et un sourire ultra-bright de vendeur de voiture : Anthony Scaramucci a effectué des débuts remarqués comme directeur de la communication de la Maison Blanche, la semaine dernière. Mais si son style et son profil de winner ont séduit Donald Trump, « Mooch », un ancien de Wall Street, est loin de faire l’unanimité chez les conservateurs. Et ce jeudi, il a méchamment dérapé, avec une série d'insultes colorées contre deux lieutenants de Donald Trump, Reince Priebus et Steve Bannon.

Un millionnaire venu de Wall Street

Comme plusieurs cadres de la Maison Blanche, Anthony Scaramucci est passé par la banque Goldman Sachs avant de créer son propre fonds d’investissement dans les années 90. Il l’a revendu début 2017 afin d’éviter les conflits d’intérêts à la Maison Blanche. Selon Fortune, il pèse entre 45 et 65 millions de dollars.

Il a effacé des tweets pro-Clinton et critiqué Trump

Comme son nouveau patron, Mooch a contribué à des campagnes de candidats démocrates, notamment Clinton et Obama en 2007-2008. « Si Hillary continue, elle pourrait avoir une chance en 2016. J’espère qu’elle se présentera, elle est incroyablement compétente », écrit-il en 2012. Sur Twitter, il exprime encore des positions progressistes sur l’islam, l’avortement, le mariage gay, le contrôle des armes et le changement climatique. En 2015, dans une interview, il critique Donald Trump, un « politicard » et un « tyran ». « Je n’aime pas la manière dont il parle des femmes. » Il s’en est également pris au « mur » du candidat, et soutient d’abord Mitt Romney, puis Scott Walker et Jeb Bush. Il a expliqué avoir effacé tous ses anciens messages pour « éviter qu’ils ne deviennent une distraction ».

Le « mini me » de Donald Trump

Il a suffi d’un coup de fil de Donald Trump en 2016 pour le charmer, et il a joué les conseillers pendant la période de transition. Lors de sa première conférence de presse, la semaine dernière, Scaramucci a répété une dizaine de fois « J’aime le président », et il a adopté une gestuelle identique à celle de Donald Trump. A tel point que CNN l’a surnommé « mini me ».

Il mène la guerre contre les fuites

S’il est très « smooth » face aux médias, aux antipodes de Sean Spicer, Anthony Scaramucci semble également avoir été embauché pour faire du ménage. Il a déjà remercié un porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Michael Short, et menacé de « virer tout le monde » pour faire stopper les fuites. Ces derniers jours, une bataille l’oppose au chef de cabinet de Donald Trump, Reince Priebus, accusé à demi-mot d’avoir trahi le président.

Insultes contre Priebus et Bannon

Selon NBC, le conseiller de l’ombre de Donald Trump, Steve Bannon, était catégoriquement opposé à l’arrivée d’un banquier new-yorkais ultralibéral à la Maison Blanche. « Tu devras me passer sur le corps », lui aurait-il dit.

La situation a empiré jeudi, après un article du New Yorker. Scaramucci a appelé un journaliste la veille pour régler ses comptes avec Bannon et Priebus. «Reince est un putain de schizophrène paranoïaque, un paranoïaque», lance-t-il. Avant de conclure: «Je ne suis pas Steve Bannon, je n'essaie pas de s***r ma propre b**e.» Les prochaines semaines promettent.