Etats-Unis: La réforme du système de santé à nouveau torpillée par des républicains

ETATS-UNIS L’examen de cette réforme, promise depuis sept ans par les républicains et par Donald Trump durant sa campagne électorale, avait déjà été repoussé deux fois...

M.C. avec AFP

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Une manifestation pour sauver la réforme de la santé «Obamacare», en mars 2017.
Une manifestation pour sauver la réforme de la santé «Obamacare», en mars 2017. — Reed Saxon/AP/SIPA

La réforme du système de santé américain ne pète décidément pas la forme. Après de multiples blocages et reports, la loi, qui devait être l’un des premiers grands textes du début du mandat de Donald Trump, a été de facto coulée lundi par des sénateurs républicains opposés au plan dans sa forme actuelle, marquant un nouvel échec pour le président américain.

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L’examen de cette réforme, promise depuis sept ans par les républicains et par Donald Trump durant sa campagne électorale, avait déjà été repoussé deux fois, en juin puis cette semaine en raison de l’absence du sénateur John McCain, au repos chez lui après une intervention chirurgicale. Lundi soir, deux sénateurs ont donné le coup de grâce en annonçant qu’ils voteraient contre la énième mouture élaborée par les chefs de la majorité, qui ont tenté en vain de concilier ses factions conservatrices et modérées.

Donald Trump « très fâché »

Pour passer, le texte a besoin de 50 voix, sur 100 sénateurs. Le Sénat compte 52 républicains, mais quatre d’entre eux au total ont maintenant déclaré leur opposition. Même avec la voix de John McCain, le compte n’y est donc plus. On ignorait lundi si le chef de la majorité, Mitch McConnell, jetterait l’éponge ou s’il retenterait de sauver la réforme. Mais Donald Trump, qui n’a inscrit aucune grande loi à son bilan depuis janvier, avait prévenu : en cas d’échec, « j’en serais très fâché, et beaucoup de gens seraient en colère », avait-il averti mercredi dernier.

Les républicains avaient pourtant réduit leurs ambitions. Ils avaient abandonné tout projet d’abroger totalement « Obamacare », la loi sur la couverture-maladie emblématique de la présidence de Barack Obama, qui a permis de réduire à un niveau historiquement bas le nombre d’Américains vivant sans assurance santé.

Leur projet visait en pratique à abroger certains éléments de la loi de 2010, comme l’obligation individuelle de s’assurer, tout en conservant d’autres aspects populaires, notamment des aides individuelles, certes réduites, aux ménages les plus modestes.

« Impossible à mettre en œuvre »

Ce grand écart, in fine, n’a satisfait personne. Les conservateurs dénonçaient un « Obamacare light », tandis que les républicains modérés, inquiets de l’impact potentiel de la loi dans leurs Etats, refusaient de couper l’herbe sous le pied de leurs populations les plus vulnérables.

« Nous devons repartir à zéro avec un processus législatif ouvert », a déclaré lundi l’un des frondeurs, Jerry Moran, sénateur du Kansas. « Outre le fait qu’elle n’abroge pas la totalité des impôts d’Obamacare, (la proposition de loi) ne va pas assez loin pour baisser les prix des assurances pour la classe moyenne », a déclaré Mike Lee, ultra-conservateur de l’Utah, se joignant ainsi au conservateur libertaire Rand Paul et à la modérée Susan Collins.

« Ce second échec de Trumpcare est la preuve que le cœur de cette loi est impossible à mettre en œuvre », a déclaré Chuck Schumer, chef de file des sénateurs démocrates. « Au lieu de reprendre le même processus partisan, les républicains doivent repartir à zéro et s’entendre avec les démocrates ». L’opinion américaine, de son côté, a changé sur la loi démocrate depuis 2010 : selon un sondage du Washington Post, la moitié des Américains préfèrent Obamacare au projet républicain, qui n’a les faveurs que de 24 % des personnes interrogées.