Pékin droit dans ses bottes après la mort de Liu Xiaobo

DIPLOMATIE En récompensant Liu Xiaobo, le « prix Nobel de la paix a été blasphémé », a dénoncé le régime communiste…

V.V. avec AFP

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Hong-Kong, le 14 juillet 2017. Une femme rend hommage à Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010, après sa mort.
Hong-Kong, le 14 juillet 2017. Une femme rend hommage à Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010, après sa mort. — Kin Cheung/AP/SIPA
  • Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010, est mort jeudi.
  • Assigné à résidence en Chine, Liu Xiaobo voulait finir ses jours à l’étranger.
  • Pékin refuse désormais de se prononcer sur le sort de la veuve de l’opposant

Angela Merkel, Emmanuel Macron, les Etats-Unis et le comité Nobel de la paix ne suffisent pas à infléchir la position de Pékin. La Chine a rétorqué brutalement, ce vendredi matin, à la pluie de critiques diplomatiques qui s’abat sur elle depuis la mort de Liu Xiaobo, premier Prix Nobel de la paix chinois.

>> Les faits: Pluie de critiques sur Pékin après la mort de Liu Xiaobo

Décédé jeudi d’un cancer, Liu Xiaobo avait réclamé de pouvoir finir ses jours à l’étranger après huit années de détention mais le régime communiste n’a jamais accédé à sa requête. Le Comité Nobel de la paix avait, immédiatement après l’annonce, accusé la Chine de porter « une lourde responsabilité » dans la mort « prématurée » de l’opposant en le privant de soins médicaux adaptés.

La veuve de Liu Xiaobo assignée à résidence

Ce vendredi, Pékin a répondu en dénonçant le prix Nobel de la paix que cet opposant avait reçu en 2010. « Attribuer le prix à une telle personne contredisait l’objectif même de cette récompense. Le prix Nobel de la paix a été blasphémé », a accusé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, lors d’une conférence de presse.

Et il ne s’est pas arrêté là. Après avoir dévoilé que le régime avait protesté auprès de « certains pays », dont les Etats-Unis qu’il a qualifié d’avoir tenu des « propos irresponsables » sur le sujet, Geng Shuang a refusé de se prononcer sur un éventuel départ à l’étranger de Liu Xia, la veuve de Liu Xiaobo. Poétesse célèbre dans son pays, elle est assignée à résidence depuis 2010 en dépit des appels de la communauté internationale à la libérer.